dimanche 12 septembre 2010

GR20 Nord 2010

 



Une équipe à part entière et entièrement à part:



Romain aka Pied-Pied, 33 ans,
issu d'une génération de randonneurs,
marathonien à ses heures et
disposant d'un mental d'acier.







Guillaume aka Guimeuf, 35 ans,
 travailleur dans l'âme,
on lui prête des origines tchétchènes,
 il dispose d'une volonté sans failles




 

Eric aka Rico, âge indéterminé,
c'est le régional par alliance de l'étape,
on pourrait le comparer au petit pimousse: petit mais costaud!
C'est le seul à avoir arpenter les pistes de ce sentier,
il dispose alors d'un avantage considérable: lui, il sait... 





Thibaut, c'est à dire moi, 35 ans,
traileur  par passion et
doté d'une envie démesurée d'en découdre.


 


Le projet

 

Le GR20 ne s'imposait pas d'emblée à l'ensemble des membres du groupe, alors d'où vient cette envie de réaliser cette randonnée à étapes considérée comme une des plus belles et des plus dures d'Europe?

Tout d'abord, pour ma part, cela remonte aux premières vacances passées sur l'île de beauté en 2000. Avec les potos de Lille nous avions rejoint au cours d'une petite rando ce fameux sentier de grande randonnée. C'était la première fois que j'en entendais parler, mais sûrement pas la dernière...On avait évoqué la possibilité de le réaliser un jour: la petite graine était plantée! Cependant les années passent et le projet ne verra pas le jour...Il faudra attendre l'année dernière et la volonté de Guillaume, Rom1 et moi de casser la routine de la plage en famille avec une randonnée autour des aiguilles de Bavella pour renouer avec le désir d'éprouver ce fameux GR20. Au soir de cette ballade de 5h00 nous étions conquis par l'aspect sportif et la beauté incomparable des paysages rencontrés!! Nous parlions alors à nos petites femmes de notre volonté de mener à bien cette aventure l'année suivante : la décision venait de germer!!

Durant l'année qui suit, nos rencontres seront animées par l'organisation de cette rando mythique! Eric vient alors grossir les rangs du groupe: nous voilà désormais 4 pour affronter l'Ogre! Ce qui lance vraiment notre rando c'est notre décision d'acheter notre matos au vieux campeur en février 2010. Après quelques heures passées et quelques centaines d'euros dépensés nous voilà équipés.

Les derniers mois seront consacrés à la préparation physique et aux détails logistiques: randonnées avec sac chargé (à l'aube avant le taf pendant 3h...), footing nature...On a même fait le parcours des 25 bosses dans la forêt de Fontainebleau (18km 800m D+ 6h00).

Cependant un grave souci familial plombera alors le projet, mais le recul nécessaire, le soutien de ma famille et les discussions permettront de le faire perdurer. Nous ne partons plus dès lors sur la totalité du parcours mais sur le GR20 Nord : Vizzavona - Calenzanna (nous avons opté pour ce sens car nous avions eu connaissance que le soleil dans le dos permettrait de mieux apprécier les paysages et que la progréssivité des difficultés nous permettrait de mieux appréhender les étapes du nord).

   Pour les autres, il faudrait leur demander ce qui les a poussé à avoir envie de réaliser ce périple mais ça je leur laisse le loisir de l'expliquer...

Le mercredi 7 juillet au soir, Guillaume, Rom1 et moi nous quittons Fossemanant et nos petites familles ( non sans une certaine émotion..elles se reconnaitront!) vers 22h00, objectif: être le lendemain matin à Nice pour l'embarquement à midi. Quelques heures et quelques ratés plus tard ( bouchons à Paris vers minuit et visite de Monaco) nous arrivons à Nice.

La traversée vers Bastia en ferries va se faire au rythme des poker, belote de comptoir et autre wix. La fatigue du voyage en voiture est pourtant bien présente : nous n'avons presque pas dormi (tout au plus 1h...). Nous arrivons à Bastia en soirée et c'est chez les beaux-parents d'Eric à Furiani que nous sommes reçus: apéro, repas et piqûres de moustiques (merde, ils avaient la dalle!!!). Nous avons passé une agréable soirée malgré la pseudo pression mise par Eric et son beau-père sur la nécéssité d'emporter une corde pour les passages enneigés...La nuit venue nous montons les tentes sur le tapis de pelouse de la maison : dernière répétition avant les bivouacs de la montagne corse... 

Jour 1: Vizzavona - L'Onda
 
  • Départ : 11h30
  • Arrivée : 18h50
  • Temps topo : 6h40
  • Temps étape : 7h20
  • Dénivelé positif : +1221m
  • Dénivelé négatif : -711m
On se réveille de bonne heure vers 6h00 car le bus qui doit nous mener à Vizzavona passe nous prendre à 8h00 et il y a 20mn de voiture pour gagner l'arrêt de bus de Casamozza. Dernier petit déjeûner copieux (gâteau sport made in Rico) et nous voilà partis.
 
L'attente à Casamozza
L'enthousiasme du début et l'impatience d'en découdre va vite laisser place à la crainte et le désespoir face à l'heure qui défile et l'absence du bus. Et un retard en début de matinée présageait un retard au départ de Vizzavona. L'inquiétude commençait à se lire sur les visages de chacun.Malgré les coups de fil de Rico au siège de l'agence de bus , la situation n'avançait pas. C'est alors que Rom1 prit l'initiative de faire du stop. Et 10mn plus tard un type à priori sympa propose d'en prendre deux: Rom1 et moi nous montons et Rico et Guillaume allez devoir soit faire du stop soit prendre le train vers 9h30 en gare de Casamozza.(finalement le bus arrivera 5mn derrière nous, un souci de mécanique avait obligé le chauffeur à changer de bus).
 
Romain aka la DragQueen de Casamozza
 
La montée vers Vizzavona à bord du véhicule d'un flic d'origine normande installé en Corse depuis 15 ans va se révéler être à la limite du supportable. Durant toute la montée il va nous raconter tout sur la Corse en passant par les indépendentistes, les patrons de Corsica ferries, son racisme...A cela vous rajoutez sa conduite un peu trop sportive au goût de Romain et vous obtenez une montée plutôt indigeste.Enfin nous arrivons vers 11h00 à la gare de Vizzavona où Rico et Gui nous ont rejoint.Une petite photo de groupe et nous voila partis vers le refuge de l'Onda.
 
La team au complet

 
  Le point de départ
Au bout de 45mn nous faisons la pause casse croûte peu avant d'arriver à la cascade des anglais et nous apercevons alors le Monte d'Oru, les premières pentes ont été douce et la bonne humeur est de mise. 
Monte d'Oru
 
Nous poursuivons notre marche à travers une forêt de pins (c'est là que nous rencontrons les 2 seuls cochons du GR...) jusqu'à la passerelle de Turtettu qui nous permet de franchir l'Agnone et ses piscines naturelles (on n'a pas résisté à un petit bain vu la chaleur...). C'est le moment aussi on nous quittons l'ombre pour continuer l'ascension en plein cagnard. Cela devient difficile pour Rico qui chope un de ces mal de crâne insupportable et il passe en mode subissance: eau frelattée ou coup de chaud les raisons sont mystérieuses...
 
 
The cochon

 
Premiers paysages

 
Rico en mode moins bien...
 
Les personnes que nous croisons et qui descendent de la Punta Muratellu sont étonnées de nous voir monter à cette heure tardive, d'autres nous préviennent de la difficulté restante (on a remarqué que c'était une sorte de coutume sur le GR de vanter aux personnes croisées l'Extrème difficulté de ce qu'il leur reste à accomplir). Mais bon on y est et il faut bien faire avec les circonstances.
Les pauses se multiplient alors et Romain en profite pour nous fausser compagnie et s'échapper vers le sommet. C'est à mon tour de me sentir moins bien, l'eau vient à manquer et nous nous approvisionnons dans les ruisseaux (pouahh!! les pastilles purifiantes donnent à l'eau un gout de chiotte!!). Les derniers mètres vers la Punta vont être proche du calvaire. On y met les mains, les grandes dalles deviennent abruptes et on finit l'ascension à la gnac. Voilà enfin la Punta Muratellu 2141m!!
 
Toujours se retourner...
 
...toujours!
 

Punta Muratellu, enfin!

Petite pause pour permettre aux organismes qui ont morflés de récupérer un peu. Seulement il ne faut pas s'attarder car l'heure tourne et il faut arriver au refuge avant 19h si on veut pouvoir se ravitailler avec le menu! La descente qui s'annonçait plus facile va s'avérer être difficile...Rico qui n'est toujours pas au mieux décroche et Gui propose de rester avec lui pour continuer tranquille tandis que Rom1 et moi nous hatons le pas pour réserver les repas au refuge.Les derniers mètres sont interminables et nous arrivons finalement exténués à l'Onda vers 18h50.Les repas réservés, on peut tranquillement se poser dans l'air de bivouac et attendre Rico et Gui.
 
Descente sur l'Onda

 
Le refuge de l'Onda
 

Les visages sont marqués

Au menu ce soir: soupe maison (excellente!!), lasagnes épinards/brocciu (la spécialité du couple de bergers), fromage (oh punaise c'est quoi ça???ahhh!! des vers...) et une pomme.On assiste aussi au retour des chèvres pour la traite, c'est vrai que c'est aussi une bergerie! On assiste également à un fayage de gadin d'une femme qui au lieu de regarder où elle marche préfère nous saluer avec le sourire (sans doute dù à nos mines déconfites) !!
Une première journée difficile mais le repas et la douche nous ont requinqués et nous nous couchons vers 21h00 dans l'espoir de récupérer un max. 


Jour 2 : L'Onda - Pietra Piana
 
 

  • Départ : 7h00
  • Arrivée : 12h30
  • Temps topo : 4h00
  • Temps étape : 5h30
  • Dénivelé positif : +902m
  • Dénivelé négatif : -490m
 
La nuit a été difficile pour ma part car je me suis réveillé plusieurs fois et le lever s'est fait tôt à cause de la plupart des randonneurs qui se sont levés à 4h30 (c'est des dingues on s'est dit à ce moment là!). L'étape du jour est l'arrivée sur le refuge de Pietra Piana par la variante des crêtes (4h) qui est plus courte mais plus alpine que le GR classique (5h).
Premier petit déjeûner type GR pour tout le monde et premier lever de soleil magnifique. Tout le monde semble avoir récupérer et on est d'attaque pour cette étape qui ne devrait pas poser de problème... Au moment de partir le gardien du refuge nous confie les lunettes de vue d'un randonneur parti plus tôt dans l'espoir qu'on le rejoigne à Pietra Piana.
 

 
 

La montée après le refuge (la même que nous avions descendu hier pour le rejoindre) nous met directement dans  le bain quelques fois que nous aurions oublié ce que c'était de monter avec un sac d'une quinzaine de kilos! Nous apercevons alors tout là-haut le col qui va nous permettre de basculer. Avant d'y parvenir nous devons descendre une  croupe herbeuse jusqu'à Bocca d'Oreccia et Rico commence à montrer des signes de réticence à rester sur le sentier car au pied de la montée se trouve un taureau allongé (en fait c'était une vache, mais de loin les cornes aidant et la corpulence nous faisait penser à un taureau!). Il faut dire que Rico craint énormément les taureaux ceci du certainement aux faits divers dont il a entendu parler sur des personnes blessées voir tuées par des taureaux dans la montagne corse. Nous faisons un petit détour mais très vite nous rejoignons le GR et commençons l'ascension...
 

 

 
 

Au bout d'une heure de montée les choses se gâtent sérieusement pour moi, je n'arrive pas à suivre le rythme des mes camarades: je n'ai pas de forces et à vrai dire je ne me sens pas très bien. Une première pause puis une autre. Rico et Rom1 continuent tandis que Gui voyant mon état reste avec moi.Il me propose d’alléger mon sac et me prend ma gourde d'eau d'1L5. Au bout d'un quart d'heure on repart mais au bout de 2mn je ressens l'envie de m'arrêter de nouveau et là j'allais comprendre ce qui n'allait pas: pris de vomissements je laisse sur le bord du chemin mes 2L de flotte que je venais d'avaler ainsi que mon petit dej' de ce matin...Nous rejoignons quand même Rico et Rom1 qui nous attendent peut avant de basculer au col.
 






 




 



Arrivés sur les crêtes, on a le droit à quelques montées où il faut mettre les mains, une descente raide et une dernière montée éprouvante. A 1 h de l'arrivée au refuge, nous allumons les téléphones portables, j'en profite pour appeler Darling (ça fait plaisir). Un dernier passage un peu difficile et nous arrivons au refuge de Pietra Piana.
 



 



 



 



     
Une fois arrivés on tombe sur le type qui avait oublié ses lunettes, heureux de les retrouver il nous paye un coup. Repas, douche et sieste pour l'après-midi.Objectif récupérer un maximum. On croise des groupes qui pour la plupart double cette étape mais dans l'autre sens. En fin de journée on fait nos premières parties de "touscou toujou". Puis vient le repas : betteraves rouges / saucisson, petits pois carottes / saucisses / pomme de terre, fromage et crême dessert avec des goûts étranges...Le gardien nous offre aussi un pichet de vin mais l'alcool n'est pas au goût du jour . Nos voisins de table eux qui font le GR dans l'autre sens semble bien rodés aux repas des refuges et il finissent notre plat et notre vin. Je suis impressionné par ce qu'ils arrivent à ingurgiter.Ils nous donnent des infos sur les refuges suivants et en profitent pour nous prévenir de la difficulté croissante des étapes à venir (ca me rassure...).
J'appréhende un peu pour demain car j'ai eu des crampes toute la journée.On a choisi de partir tôt demain vers 5h30 pour ne pas a avoir à souffrir de la chaleur. L'étape de demain s'annonce être une des plus belles du GR, ça motive!
On est tous un peu vannés mais les sourires sont présents, on se couche vers 20h00.
 



Jour 3 : Petra Piana - Manganu
 
 

  • Départ : 6h00
  • Arrivée : 11h30
  • Temps topo : 6h00
  • Temps étape : 5h30
  • Dénivelé positif : +589m
  • Dénivelé négatif : -830m
 
Nouvelle nuit difficile : des réveils fréquents et autant de temps pour se rendormir, ça me rend dingue!! Levés à 4h50 par Guimeuf au moment où Rom1 et moi on dormait bien...grrrr!!! Durant cette nuit nous avons entendu quelqu'un vomir de chez vomir; on apprendra au petit matin que c'était notre ami de la tablée de la veille qui semblait avoir eu des difficultés à digérer la quantité astronomique de bouffe qu'il s'est enfilé et surtout le vin dont il a surement abusé... On s'organise pour ce premier départ de bonne heure mais on n'est pas encore rodé et on décolle du refuge vers 6h00.La montée à travers les pentes sud de la Maniccia se fait tranquillement.
 






 




 


Peu après avoir dépassé les belges nous atteignons Bocca Muzzella à 2206m d'altitude , on profite du panneau pour prendre les photos. Mine de rien un petit vent frais nous rappelle qu'on n'est pas au niveau de la mer!! On ne se laisse pas refroidir et on repart d'un bon pied et on traverse alors nos premiers névés qui nous permettent de rejoindre Bocca di Rinoso et de découvrir les magnifiques paysages des lacs de montagne en commençant par le lac de Rinoso.Le sentier n'est pas difficile sur cette portion puisque nous suivons les courbes de niveau.
 

      


Punta  Muzzella
 
 



 


    Très vite nous découvrons le lac de Melo : les paysages qui nous sont offert de voir ici sont  , je dois l'avouer , assez époustouflants, j'ai l'impression d'être un gosse dans un parc d'attraction! Puis nous atteignons la crête à la Bocca a Soglia à 2050m. Jusqu’au sud du lac de Mélo nous arpentons le sentier de crête sans réelle difficulté, quelques endroits techniques réclament de la vigilance mais ça gère tranquille.
 
 



 


 
   
La vue du lac de Capitello nous indique que nous ne sommes plus très loin de la fameuse brèche de Capitello. Nous arrivons à un passage très technique : une montée avec chaîne (5m)  d'une paroi assez verticale qui se fait à la force des bras: c'est un peu tendu mais ça passe!
 


 


 


 
Ensuite nous suivons une chaine à flanc de paroi qui nous laisse penser qu'il y a peu de temps il devait y a voir à cet endroit même un névé important. Lorsqu'on regarde en contre bas on se rend compte du pourquoi des chaines : la moindre chute et tu te retrouves quelques centaines de mètres plus bas dans le lac...
Nous atteignons alors la brèche de Capitello , encore nommée Bocca à e Porte, et ses 2220m qui constituent le point culminant du GR20. Nous avons joint cette brèche en 3h15 ce qui nous met nettement en avance sur le temps donné par le topo-guide. On se repose une quinzaine de minutes , histoire de se ravitailler , au menu : lait concentré sucré (purée c'est bon cette connerie!!) et cacahuètes distribuées par Rico.
 




 


 




  La descente de la brèche se fait à travers un cirque fait de grosse pierres et de rochers enchevêtrés : c'est un vrai casse-pattes!!! Il faut rester vigilant pour ne pas ne se laisser entrainer par la pente et se retrouver à faire un mauvais pas et donc une chute... Nous suivons alors un petit ruisseau qui nous mène sur un petit plateau avec de magnifiques pozzines : ce paysage typique de la montagne corse est vraiment quelque chose de surprenant de part  son côté petit paradis! Nous passons une dernière barre rocheuse qui me fait dire que dans l'autre sens la montée à la brèche doit être assez éprouvante. Nous ne sommes plus très loin du refuge et nous profitons des piscines naturelles pour nous rafraîchir et donner à nos pauvres petits muscles meurtris ce que les sportifs appellent une "ice bath": Rico met sa montre au fond pour prendre la T° mais au jugé elle nous semble aux alentours de 12/13°. On repart alors rafraichis et nous atteignons le refuge vers 11h30.Il n'y a pas beaucoup de randonneurs et on a l'embarras du choix  pour les emplacements. Le coin cuisine est squatté par plus costaud que nous...on patientera!
 
 




 


 




   
Première motivation se ravitailler : Gui et Rico tapent dans leurs lyophilisés ( tartiflette pour Rico...) avec Rom1 on se fait cuire des pâtes et je me paye un très bonne assiette de charcuterie corse!! C'est un régal! Nous passons une partie de l'après-midi dans les piscines  naturelles au sud du refuge. Le soleil tape fort et nous oblige à continuer notre partie de cartes à l'intérieur du refuge où la Pietra va couler à flots!!!
On enchaine par le fameux Touscou, toujou. Vers 18h30 le repas est servi et pour 12€ on a le droit à une assiette de pâtes et une salade de fruits. On dine avec les belges dépassés ce matin , ils sont bien sympathiques et kiffent la blague de la lampe en rapport au chien du refuge, mort de rire je crois qu'il ne s'en est toujours pas remis!! A notre table il y a aussi une mère et ses 2 filles , ce sont des flamandes , les petites sont jeunes et la maman nous demande des renseignements sur l'ascension vers la brèche , ça me parait tendu mais bon tout est possible tout est réalisable.Le camping est blindé: les uns sur les autres , quelle différence avec ce matin.Il fait trop chaud pour dormir , on choisit de faire une partie de carte...
  

Jour 4 : Manganu - Ciottulu di i Mori
 
 

  • Départ : 5h40
  • Arrivée : 15h30
  • Temps topo : 8h00
  • Temps étape : 9h50
  • Dénivelé positif : +1033m
  • Dénivelé négatif : -643m
 
Réveil matinal vers 4h30. La nuit s'est mieux passée : quelques réveils mais le coucher fut tôt donc salvateur. Petit déj' à l'aube dans le refuge (il faut être discret pour ne pas réveiller les collègues qui pioncent à côté!). Tout le monde est prêt relativement tôt, on commence à être rodés et les minutes perdues sont de plus en plus gommées. Le départ du refuge se fait à 5h37et nous emmène en descente douce vers Pianu di Camputile : paysage de pozzines parmi les vaches (taureaux...) et les chevaux. On arrive très vite aux bergeries de Vaccaghja qui sont également un lieu de refuge. On y rejoint les belges partis un quart d'heure avant nous ( c'est la dernière fois que nous les verrons car eux s'arrêtent à Castel di Vergio). Le gardien nous regarde gaugenard ( va savoir ce qu'il pense?!) et on en profite pour pauser à côté des madjettes.
 




 



 
   
A ce moment là je prends la tête du groupe me sentant plus à l'aise sur terrain plat et nous marchons alors d'un bon pas, traversant une forêt de hêtres et passant non loin des ruines de l'ancien refuge de Campiglione. Rico nous ressort sa désormais traditionnelle taureauphobie en évitant en courrant un magnifique...veau!! Il dira pour sa défense que  le taureau jeune peut être aussi agressif! C'est qu'il nous foutrait presque les pétoches à force!!
Nous franchissons alors une passe et nous arrivons sur un magnifique paysage de pozzines qui va nous mener au lac de Ninu. C'est très plat et Gui se prend pour Yohan Diniz en imprimant un rythme que l'on a du mal à suivre. Le cadre est magnifique pozzines, chevaux, vaches et ânes. On en profite alors pour s'arrêter près de ces derniers , c'est à ce moment là que nous rejoignons alors les deux jeunes partis comme nous de Manganu ( dont celui aux jambes écrevisses!). Rom1 caresse un âne, c'est son côté Alain Bougrain-Dubourg qui ressort! Peu de temps après, nous arrivons au Lac de Ninu qui se découvre progressivement avec l'arrivée du soleil, l'instant est particulier, nous admirons...
 

 


 
 




 
Nous poursuivons notre route par une montée en lacets plutôt raide qui nous amène à Bocca a Reta à 1883m d'altitude. Nous rejoignons alors deux types en train de pauser, Bruno (du 70) et Loïc (le breton), que nous saluons; c'est la première fois que nous les croisons... Nous en profitons pour faire également une pause et les portables captent : le moment d’appeler alors la famille. J'essaye de joindre ma darling mais en vain : ni fixe ni portable...Pourtant il est tôt 7h50 !!! J'en profite aussi pour joindre mon père et ma sœur : ça me fait plaisir de les avoir! Tout le monde en profite pour prendre des news des petites familles.
Après 15 mn, nous repartons et descendons alors un chemin muletier à flanc de montagne , c'est à ce moment précis que nous croisons les premiers randonneurs du sens nord/sud. C'est aussi à ce moment là qui Gui se sent pousser des ailes et prend les choses en main et il tape à base de grands pas. La descente vers Castel di Vergio se fait à vive allure. Pied-Pied ne suit plus ce rythme infernal, il veut profiter du paysage! On fait de nouveau une pause a Bocca San Petru près des arbres à la physionomie très venteuse!! J'en profite pour refaire le soin des pieds, ça commence à chauffer!!
L'arrivée au Castel di Vergio  est interminable le long de ce chemin de ronde à travers la forêt de pins. Juste avant d'arriver au Castel une petite pente bien raide nous rappelle aux efforts de montée...L'arrivée à la station de ski de Castel di Vergio est bof : on est déçu de revoir des voitures, du bitume et des constructions...Notre motivation était de déguster au resto du lieu-dit une entrecôte-frites mais malheureusement il est 10h00 et le resto sert de 12h00 à 14h30. Nous n'aurons pas le courage ni la volonté d'attendre...On en profite quand même pour se ravitailler à la supérette du coin qui fournit tout ce que le côté privatif du GR ne te fournit pas.On repart sans Romain qui préfère rester pour charger son appareil photo, il nous rejoindra plus tard...
 



   
 




 
La montée vers les bergeries d'E Radule est tout simplement magnifique : d'abord la forêt de Valdu Nielu ,ensuite  des endroits plutôt désertiques et rocailleux. Il est bientôt midi et nous commençons à ressentir la chaleur. On s'arrête alors pour casser la croûte prés de la passerelle, au bord des piscines peu après les bergeries, plus touristiques...quoi que l'endroit où nous nous arrêtons l'est plutôt aussi (proximité du col oblige). Rom1 nous rejoint vers 13h40 et 600m+ nous attendent alors : je ne suis pas rassuré aux vues de la chaleur qui règne le long du Golu, de plus la journée commence à être longue...
 



     




 


   
 




 
 


      Je prends la tête mais très vite les autres me dépassent et la montée en plein cagnard devient pesante.On traverse le Golu après une bonne demi heure d'ascension et on peut distinguer tout au fond et tout là-haut le refuge de Ciottulu.La montée vers celui-ci semble interminable mais l'endroit est magique , on se sent tout petit dans cet immense espace ouvert entouré de montagnes. Ce qui va gâcher le plaisir, c'est un raidillon  à gros dénivelé+ à travers des cailloux et de la poussière qui va casser les petites pattes arrières!! Gui et Rom1 s'envolent, Rico m'attend et me sert un bolet d'eau fraîche en haut de ce calvaire : ça requinque pour la fin. Rom1 nous attend un peu plus haut et nous rejoignons les crêtes , il nous reste plus qu'à suivre les courbes de niveau pour gagner Ciottulu. Guimeuf est là depuis 20mn : il a géré cette étape, impressionnant!
 



  
     
Nous arrivons à 15h30 contents d'en avoir fini avec cette très longue étape. Le gardien du gîte est un peu rustre mais je l'aime bien, il inspire le respect. On se retrouve à boire du ricard attablés en compagnie de Loïc et Bruno : la vue est magnifique, on en profite un maximum. L'étape que nous venons d'achever est sans doute l'une des plus belles du GR à mes yeux, et Ciottulu offre à mon humble avis une des vues panoramiques les plus surprenantes!!
Vers 18h30 , nous passons à table : soupe aux haricots rouges, pâtes, viande...un délice ( j'ai bien essayé de glaner la recette mais le gardien n'a pas lâché grand chose) et plâtrée de pâtes que nous finissons allègrement. Vers 19h00 arrive alors un trailer corse qui vient du refuge de Carrozzu 3 étapes en une (dont le cirque) et 2500+: wahou!! Il récupère dehors en dégustant une serena avec.... sa clope??!!
 


 



   
Le soleil se couche sur Ciottulu et malgré les 2000m d'altitude il fait chaud. On discute de demain: double ou double pas! Rom1 à un peu mal au genou et il semble réticent, Rico et Gui sont motivés pour être rentrés à temps pour récupérer leurs petites femmes, moi je me tâte, l'étape d'aujourd'hui m'a un peu calmé. C'est la tente ouverte que nous nous endormons en pensant à l'étape du lendemain et peut être au programme : le passage d'un lieu mythique du GR20... 



Jour 5 : Ciottulu di i Mori - Tighjettu - Ascu Stagnu
 
 

  • Départ : 5h35
  • Arrivée : 14h10
  • Temps topo : 10h00
  • Temps étape : 8h35
  • Dénivelé positif : +876m
  • Dénivelé négatif : -1679m
 
  Réveil à 4h35 par Gui qui râle car on a oublié de mettre le réveil alors que lui et Rico sont levés depuis presque 4h00. Nous démarrons quand même vers 5h30 et nous rejoignons à la lampe frontale le Bocca Foggiale qui nous offre un lever de soleil assez sympathique... On aperçoit dans le fond de la vallée, le lac de Calacuccia et Rico nous vante les différentes activités que tu peux y pratiquer. La descente, elle, va l'être un peu moins en raison de barres rocheuses assez raides. Une fois passées, nous franchissons le Viru qui nous offre de belles petites cascades puis nous cheminons à travers une forêt de pins pour gagner très rapidement les bergeries de Ballone et il est...
   




 



 
  
 

 

7h40 !!!! Nous avons de l'avance sur le temps topo-guide! On enjohnnise m1m1et la décision est prise de doubler l'étape: on se voyait pas restés jusqu'au soir à attendre...Rico profite des bergeries pour prendre son second petit-déjeuner de la matinée, nous, un orangina et un bounty, il va nous falloir de l'énergie pour affronter le fameux Cirque de la solitude dont on entend tant parler dans les refuges le soir! Gui et moi on se prend même un casse-dalle pain/saucisson corse/fromage corse pour le midi (trop indigeste, il restera sur l'estomac jusqu'au lendemain...)
Nous rejoignons dans un premier temps et assez rapidement le refuge de Tigghjetu ou nous remplissons nos gourdes en compagnie de Loïc et Bruno. De là va commencer une longue ascension vers l'entrée du Cirque de la solitude. Le groupe s'étire et chacun se concentre sur son propre chemin de croix...
 






 




 

 
Le col de Bocca Minuta et ses 2218m sont enfin atteints vers 10h00 ! On vient d'avaler 800mD+ et il nous reste le monstre...Un pause s'impose et j'en profite me couvrir car sueur+vent frais ça craint! On plonge alors nos regards tous ensemble dans le cirque et à première vue, ce n'est pas si impressionnant que ce qu'on entend. Reste à l'éprouver pour se faire un vrai avis. Durant la pause, on discute avec un mec et sa famille : il nous raconte leur parcours qui emprunte le GR mais pas exclusivement. Rico me fait remarquer que sur son sac il y a un parapluie. On esquisse tous un sourire car quand on sait comment on s'est galéré à enlever le superflus de nos sacs, la présence d'un parapluie nous paraît être exagéré!! Puis le mec nous salue et au moment de remettre son sac il prend son parapluie, l'ouvre, le met sur son épaule et descend en sifflotant!!!!Mort de rire!!!
Bruno et Loïc nous rejoignent au moment au nous allons attaquer le Cirque : on va enfin savoir!
 





 



 



 
On attaque la descente prudemment et on aborde très rapidement des passages assez dangereux où le moindre appui non assuré peut t'entraîner 50 à 100m plus bas. On descend à l'aide de chaînes et il y a même vers le bas une échelle. Le fond du gouffre est atteint en moins de 45mn. En bas, on est pas déçu du spectacle, la vue est grandiose! On a  quand même eu chaud, cependant on n'est pas au bout de nos surprises...il nous reste à ressortir du cirque par une montée vertigineuse. Cela semble très raide et l'escalade semble être le moyen privilégié pour atteindre le sommet!
Effectivement les quadriceps chauffe très vite et sévèrement et c'est à ce moment là du GR que tu te rends compte  de la difficulté d'avoir sur le dos un sac d'une quinzaine de kilos! Un événement va nous chagriner sur cette ascension : on croisera sur un passage très technique avec chaîne un couple d'allemand et leurs enfants dont un petit d'à peine 12 ans : quand j'ai vu la peur sur son visage et son inquiétude je n'ai pas pu m'empêcher de  penser à l'attitude irresponsable de certains sur ce GR...à méditer!
 





 
 






 



 
 

Finalement, on arrive à Bocca  Tumasginesca tous sains et saufs !! Avec du recul, ce cirque n'est pas si difficile que ça, ça entretient la légende...Cependant  avec des conditions météorologiques différentes ( pluie où neige ) ça doit être un autre délire. On cherche un coin à l'ombre et on se pose derrière un rocher juste en face de la punta Rossa, seuls les choucas viennent perturber notre repas, la vue est sympa!
 






 








 


 
Après 45 mn nous levons le camps avec le sentiment que le plus dur est derrière nous. Nous passons très vite le lac d'Altore et abordons une interminable descente vers l'ancienne station de ski d'Ascu. Ce qui devait être une fin d'étape pépère se transforme en en enfer : on se casse la goule les uns après les autres et chacun subit : Gui se foule à moitié la cheville, Rico coup de chaud, Rom1 le genou et moi les pieds qui chauffent  et un manque de jus évident!!
Finalement on atteint tant bien que mal Ascu vers 14h10. Direction le bar pour assouvir cette soif qui caractérise toutes les fins d'étape.
 



 


 



 
 




   
On enquille ensuite sur l'emplacement, une douche et le bar et ses pietras fraîches... Puis direction le refuge au nous jouons à la belote avec Loïc qui nous a rejoint : de nouveau pietra et cacahuètes! Plus tard nous allons manger au resto de la station. A table on est  avec Bruno et Loïc et à coté de randonneurs avec qui on discute de GR...Le repas est copieux : soupe de poireaux pomme de terre, crudités, faux-filet frites ( depuis le temps qu'on les attend ), fromage et dessert! Un vrai repas ça fait du bien!! Quelques binouz et au lit.
Gui et Rico sont chauds comme la braise et veulent partir dès ce soir pour bivouaquer en haut au Bocca Stagnu. Ils restent au bar où ils vont terminer leurs bières. Rom1 et moi on va se coucher vers 22h15. La pensée du soir est pour nos noctambules : bivouac là-haut = que de la tronche?
 






Jour 6 : Ascu Stagnu - Carozzu
 

  • Départ : 6h00
  • Arrivée : 10h30
  • Temps topo : 4h45
  • Temps étape : 4h30
  • Dénivelé positif : +638m
  • Dénivelé négatif : -790m
 
 
Pour ne pas changer : une nouvelle nuit agitée avec de nombreux réveils dont vers minuit celui occasionné par le bruit d'un hélicoptère à à peine 100m de la tente. Avec Rom1, on a tout de suite pensé à Rico et Gui peut-être parti bivouaquer !!! Finalement au petit matin, vers 5h00,nous constatons, rassurés, que la tente de nos lascars est belle et bien là, les conclusions sont très vite tirées : que de la tronche!!
1 heure et quelques préparatifs plus tard, nous prenons le départ par un sentier juste derrière le refuge...Ça monte direct et en continu: c'est pas pour ménager Rico qui semble ne pas être dans le coup. Cependant le sentier à travers la forêt de pins est agréable de bon matin. Très vite ça se corse et comme à l'habitude il faut mettre les mains!!
 
 




 





 





   Au bout de 2 heures et au prix d'un dernier effort nous arrivons à 2003m au Bocca Stagnu : je suis un peu rincé, la montée a été raide... Tout le monde en profite pour se ravitailler et récupérer . Rom1 a pu tester le straping des genoux que Stef lui a décrit : ça semble tenir et le soulager. Gui est tranquille alors que Rico semble avoir récupéré de son début de parcours difficile. Cela s'annonce plus cool puisque nous n'avons plus que de la descente jusqu'au refuge de Carozzu...
 


 
 
 


 



   
 




 
Très vite nous joignons le Bocca Muvrella où nous croisons les premiers randonneurs qui viennent de Carozzu. La descente vers le lac de la Muvrella se fait à travers des éboulis et c'est vraiment casse-gueule car la pente est assez raide. Bon nombre de randonneurs nous questionnent sur la proximité du lac de la Muvrella : ce qui est comique car ils l'ont dépassé sans s'en rendre compte ceci est en parti dû au fait que ce lac est quasi inexistant.
Plus tard nous débouchons sur une vue qui nous permet d'apercevoir au loin la mer et plus précisément la baie de Calvi, ce qui nous rapproche de la fin de notre périple. La descente se poursuit à travers de grandes dalles équipées d'une main courante type via ferrata, ce n'est pas très impressionnant mais tu te dis que par temps de pluie ça doit être très glissant et que tu pourrais te retrouver vite fait 4à 5 m plus bas...Petite pause casse-croûte en compagnie de Loïc et Bruno qui nous offre des gâteaux : on ne se fait pas prier , ça fait toujours du bien un peu de sucre!  
 


 
 




   




     




   
 
 




     
 




 
Ensuite on arrive à la fameuse passerelle de Spasimata. Pas compliquée à passer si on respecte certains principes : il ne faut pas regarder en bas ni en l'air, il faut fixer l’extrémité du pont, vous devez devenir le bout du pont, tout est une question de concentration, chaque pas est une planche, chaque planche est un pas!!! Non sérieux, dédicace aux randonneurs.Un fois passée ( j'ai quand même failli perdre un bâton )  il ne reste plus qu'une petite grimpette pour atteindre le refuge de Carozzu vers 10h30!
 




     
 




   
 




       
Arrivés on plante la tente non sans avoir cherché le coin idéal qui se trouvera être celui que l'on avait choisi en premier : les autres étaient soient trop étroits, soient infestés de moustiques, soient en plein soleil. Une fois installés on se ravitaille et je ne résiste pas à l'assiette de charcuterie corse et son taboulé maison : un délice!! 
L'après-midi qui  arrive ne s'annonce  pas très passionnante. En effet depuis notre arrivée bon nombre de randonneurs ont rejoint le refuge et très vite il est devenu bondé, attention quand je dis bondé c'est bondé : des tentes partout, en plein soleil, dans les sentiers d’accès au refuge, devant les sanitaires... La proximité de Bonifatu permet d'accéder facilement au refuge et en voilà une des raisons! En plus nos voisins ont squatté notre table à manger sans gêne et ça ça a un peu le dont de nous irriter...Mais bon, on s'occupe comme on peut et heureusement les cartes et le "touscou toujou" sont là pour nous faire passer le temps. A refaire on s'est juré de doubler cette étape!
 




   




   




   
Avant le repas, nous regagnons le refuge où nous continuons dans la belote autour de Serenas ( pénurie de Pietra ) et de tournées de cacahuètes (je ne sais plus le prix du bolet mais c'était trop cher, mais bon...). On est à peine perturbé par l'arrivée au refuge de quelqu'un qui cherche un médecin, en effet un randonneur a fait une chute  de quelques mètres au dessus de la Spasimata : bilan une entaille sur le genou et une perte de connaissance. Le médecin préconisera du coup un rapatriement sur l'hôpital de Bastia. Nous assistons quelques temps après à son hélitreuillage  qui s'est avéré compliqué puisque l'hélico ne pouvant pas se poser! 18h30 arrive le repas : soupe, pâtes et un gâteau "parpaing" à la châtaigne.
Avant d'aller se coucher et comme cela avait été amorcé dans l'après-midi nous discutons au sujet de la bifurcation de nos parcours. Romain et Rico passeront par Bonifatu pour soulager le genou de Rom1 et Gui et moi nous doublerons les deux dernières étapes. C'est un moment particulier du périple et le rendez-vous est pris à Calenzana pour le lendemain après-midi...
 
 
   








Jour 7 : Carozzu - Ortu di u Piobbu - Calenzana
 
 

  • Départ : 5h25
  • Arrivée : 14h35
  • Temps topo : 10h00
  • Temps étape : 9h10
  • Dénivelé positif : +977m
  • Dénivelé négatif : -2140m
Un fois n'est pas coutume, la nuit a été de nouveau très agitée. Lever à 4h30 car la journée s'annonce longue. Rico nous accompagne dans nos derniers préparatifs et immortalise notre départ. On part avec Gui à 5h25 armés de notre frontale et prêts à en découdre avec l'ascension vers Bocca Innuminata et ses 600mD+. J'ai la pêche ce matin et je prends la pôle, Gui a du mal à suivre. Faut dire que ça tape sec de bon matin. On arrive en haut en 1h10 et on rejoint alors Loïc et Bruno partis 20mn plus tôt. Gui se demande ce que j'ai mangé ce matin mais pas le temps de pauser trop longtemps , la route est encore longue. On salue nos deux compères de fortune en ne sachant pas si on allait les revoir ...peut être à Ortu di i Piobbu?
 




     


   
 




 
La suite du parcours est accidentée on alterne montée et descente de part et d'autre des crêtes. L'usage des mains est nécessaire et la physionomie du parcours devient du coup assez casse-pattes! Vers 7h30 nous croisons peu avant le Bocca d'Avartoli le premier randonneur qui vient d'Ortu di I Piobbu. On s'arrête pour tchatcher et on est  étonné par la grosseur de son sac (une vingtaine de kilos!!!) et par ses chaussures de running?!! On lui souhaite bon courage pour l'intégralité de son GR... Au col on croise de jeunes randonneurs assis sur un rocher qui fument une clope...On bascule enfin sur le versant qui nous permettra de rejoindre le refuge.Les paysages sont surprenants ce matin surtout que les nuages sont de la partie!
 




 



   


  La descente qui suit n'est pas très technique mais nécessite une certain équilibre puisqu'il faut se déplacer de  grosse pierre en  grosse pierre. Elle se fait relativement vite et nous arrivons à la bergerie ruinée de la Mandraccia. Les points de vue ici sont sympa mais cela ne nous empêche pas de continuer d'un bon pas . Nous traversons alors une forêt qui débouche sur le refuge d'Ortu di I Piobbu ( le jardin des peupliers ); il est 9h55 et on vient de boucler la première étape de notre doublon en 4h30! Orangina, raider et cake servent de collation. On en profite pour prendre un sandwich saucisson/fromage pour ce midi. Les dames du refuge sont très accueillantes. Bruno et Loïc ne nous ont pas rattrapés et on est sûr au moment où l'ont repart quand ne les reverra plus. Après avoir rechargé nos camelback, nous quittons le refuge et ses tentes bleues à 10h35.
 


       

     




     
 



   
 




   
Une petite montée, la dernière de notre GR, et nous voici à Bocca Bazzichellu : la vue que l'on a d'ici est sensée nous laisser découvrir l'arrivée sur Calenzana et la mer mais le contexte du jour est totalement différent. Les nuages ont envahit la montagne et le spectacle est assez bluffant...On croise des randonneurs qui viennent de s'avaler les 1200m D+, ils en bavent pour la plupart, on dirait nous à Vizzavona! On les rassure quand même sur la proximité du refuge. Puis on aborde cette longue descente sur Calenzana : le point de rendez-vous de nos camarades et de nos familles
(j'ai hâte de les revoir).
Les dénivelés sont parfois assez raides mais on n'a pas l'impression de vraiment descendre. J'ai rebranché le gps, et l'altimètre qui m'indique encore 1200m à Bocca Saltu. Il est 12h00. 30mn plus tard on s'arrête sous les pins lariccio pour manger le dwich car le soleil commence à imposer sévèrement sa présence. 10mn plus tard on redécolle, la chaleur ne nous laisse pas vraiment le temps de nous attarder...
 
 




   
         


 
 


 
 
   
Ça tape bébé! On descend les 500 derniers mètres de dénivelé sous le cagnard et c'est chaud, on cuit!! J'ai les plantes de pieds en feu, mes pieds ne demandent qu'une chose sortir de ces chaussures!!! Enfin on arrive sur Calenzana par la porte anti-vache. Rom1 nous attend à l'arrivée et on rejoint à travers les rues du village Christelle,Rico et Mathis qui nous attendent au bar. Puis la petite famille arrive, c'est l'étreinte avec Lola, le bisou à Zoé et Darling. Je suis content de les retrouver, elles m'ont manqué!!
Et le GR20 nord est bouclé...
 


     




 
 


     



      
Voilà la partie nord est achevée et l'épreuve du GR20 a permis de confirmer nos attentes : des paysages magnifiques, un dépaysement incroyable, une difficulté certaine mais un abord réalisable pour peu qu'on le fasse à son rythme et avec un sac raisonnablement chargé! Je rajouterai pour clôturer que ce sentier de montagne t'impose une vraie humilité  et que l'intérêt est aussi sûrement dans les moments où tu es confronté à toi-même...
 
Ah oui avant de terminer ce récit je tenais à faire une dédicace à Guimeuf : l’après-midi à la location! C'est quoi cette position?!!