mardi 26 juillet 2016

L'Alta Via n°1 Val d'Aoste 2016

Préambule

Après l'échec de l'année dernière, on avait à cœur avec Gui de reprendre du plaisir en prenant de la hauteur. Notre choix s'est porté sur les Hautes Routes du val d'Aoste. Ce choix a été motivé par l'achat il y a 4 ans du topo guide, lui même motivé par la volonté de découvrir les sentiers du fameux Tor des Géants.


 Nous choisissons de parcourir la seule haute route n°1 reliant Donnas à Courmayeur... Au programme 190km et 14000m de D+... Va y avoir du sport!



 Cette année, nous avons le plaisir d'accueillir au sein de la team : Cédric, un bon pote au Tchétchène! On sera donc un trio pour affronter le défi valdotain!!Petite présentation...



U ceceno (le tchétchène en langue corse)
On ne le présente plus ... Dur au mal, allergique
aux cloches des vaches. Sosie de Joe l'Indien
dans Tom Sawyer il fait peur aux enfants...



Euch'dric (de dric-cé, de Cédric...)
Le pti nouveau : le Stéphane Marie de la
randonnée toujours prêt à apporter ses
connaissances botaniques.Vaillant dans
l'effort, il a du mal à dormir les nuits de
soirées trop arrosées...




Moi ( aka Transpirator)
 Revanchard par rapport à l'année dernière...
Un physique défaillant année après année:
le dos en vrac, la bursite que vais-je encore
devoir subir? C'est profil bas que j'attaque
cette nouvelle aventure...




Le programme s'annonce alléchant et ambitieux d'autant plus que cette année c'est la première fois que nous bivouaquerons loin des refuges:

Étape 1 :  Donnas (330m) - Sassa (1430m)
Étape 2 : Sassa (1430m) -  Mette Rous (1991m)
Étape 3 : Mette Rous (1991m) - Lac Dou Grekij (2219m)
Étape 4 : Lac Dou Grekij (2219m) - Gressoney Saint Jean (1388m)
Étape 5 : Gressoney Saint Jean (1388m) - Refuge du Tournalin (2600m)
Étape 6 : Refuge du Tournalin (2600m) - Bivouac Tsan (2465m)
Étape 7 : Bivouac Tsan (2465m) - Close (1456m)
Étape 8 : Close (1456m) - Champillon (2435m)
Étape 9 : Saint Rémy en Bosses (1615m) - Courmayeur (1205m)

La veille du départ c'est le 14 juillet et on a rendez-vous à Romaine petit bourg typique et agréable du Ponthieu- Marquenterre. C'est l'anniv' d'Aurélie la femme de Cédric!! Autant dire que la préparation s'annonce sous les meilleurs hospices! Au programme barbecue de sanglier mariné, punch et bonne humeur!!




On passera la journée en compagnie d'Aristide un pote à Cédric et sa femme avec qui on a bien déliré! On finira la journée par un nouveau barbecue et ses fameuses basses-cotes marinées... Elles laisseront des traces, dans tous les sens du terme!!! Au final après cette excellente journée sous le soleil on se couchera vers minuit avec le réveil réglé sur 3h30...

 
 Jour 1 : Le jour où tout a failli déraper!
Romaine (0m) - Place (820m)
Distance 3km   D+ : 500m  D- : 0m

En 45mn nous voilà prêts et nous décollons vers 4h15 pour un aller direct vers Courmayeur! Au réveil, on se dit que la veille on a un peu forcé... mais bon... on est opérationnels! 1h  à peine après le départ on apprend à la radio pour l'attentat de Nice... On est sidéré, sur le cul... no comment... le trajet se passe bien, on se relaye toutes les 2h et cela passe relativement vite. Quelques sandwichs pâté ( made in Cédric)  et un tunnel du Mont Blanc plus tard, on arrive finalement à Courmayeur vers 13h. On gare la voiture du Tchétchène sur le parking gratuit à la sortie de la ville, on se met en tenue et nous prenons un premier bus qui nous amènera à Aoste où un changement nous attend.

Sur le parking de Courmayeur avec le smile!

Au départ du bus, dédicace à Aristide!

 Arrivés à Aoste nous avons une pause de 25mn avant notre prochain bus. J'en profite pour laisser mes collègues à la gare routière quelques instants pour aller chercher à la gare ferroviaire une boisson pour me rafraichir. Elle se trouve à 200m; je leur laisse mon sac et me dépêche quand même histoire de ne pas rater la correspondance et risquer de se taper une heure d'attente! Une fois ma boisson achetée je repasse devant la gare et là je m'aperçois qu'il y a quelque chose de pas normal... Des policiers italiens d'un drôle de type sont postés en faction et surveillent des personnes alignées contre le mur de la gare... Je me dis c'est chelou et là, bim! un inspecteur en civil se met en travers de ma route, il sort sa carte avec le badge comme dans les films et me baragouine un truc en italien... Je capte rien et je tente un truc du style: "No parla italiano, francese!" Et là le mec me répond cash "Papier d'identité!" Putain ça sent le truc sérieux et je sors ma carte d'identité, il me la prend et la transmet à la BMW qui stationne un peu plus loin. De là un autre flic, lunettes de soleil miroitées et casquette vissée sur la tête me demande de me mettre contre le mur. Je recule mais pas assez au goût du flic qui m’ordonne de me mettre contre le mur... La tension est palpable et j'ai l'impression d'être dans un mauvais film... Au bout de 10mn il ne se passe toujours rien et il ne reste que très peu de temps avant la correspondance pour Donnas. Je décide donc de demander au flic où en est le contrôle. Le mec qui m'observe comprend rien à ce que je dit et demande à un de ses collègues qui lui parle anglais. Je lui explique que j'ai une correspondance dans 5 mn pour Aoste et que je dois partir! Le mec me dit qu'il y en a encore pour une dizaine de minutes et me conseille de prévenir mes potes que je serai en retard mais je n'ai pas mon portable avec moi... Devant mon désarroi il part demander à son boss et il revient avec ma carte d'identité et me dit que je peux y aller! Pfiouuuu!!! Je me dépêche et rejoins Gui et Cédric qui m'attendent depuis un pti moment... je leur explique vite fait et nous attrapons notre bus qui part dans la foulée. Bref tout est bien qui finit bien même si cela a failli être le jour où tout a failli dérapé... Avec le recul, toute la police italienne devait être en alerte suite à l'attentat de Nice de la veille, puisque Nice est très proche de l'Italie.
Nous arrivons finalement à Donnas vers 17h30. Gui soulève l'idée d'attaquer de suite et de trouver un bivouac pour la nuit sur les hauteurs de Donnas. Avec Cédric on est ok et nous voilà à l'épicerie du coin pour faire le plein de flotte pour la fin de journée et le lendemain matin! Il est 18h quand nous empruntons pour la première fois l'Alta Via n°1. Ça démarre direct pleine pente dans les rues du village. A cette heure, le soleil tape encore et il fait chaud! On longe les vignes et après quelques routes traversées, on grimpe par un chemin raide à travers la forêt. On grimpe quelques marches et 1h après notre départ nous voilà à 820m d'altitude, on vient presque de monter 500 de D+! Ça pique avec le sac... Finalement on stop au lieu dit " Place" et ses alpages serts. L'endroit est magique et constituera un excellent premier bivouac!

Les alpages de Place

En mode manouches!

Premier bivouac
 On se fait un lyophilisé et puis on plante la tente. On s'endort finalement après cette longue journée vers 21h30. On sera réveillé par un hibou vers 3h30. L'animal aura la bonne idée de se mettre sur la branche au dessus de nous et bouboulera pendant un bon moment nous empêchant de nous rendormir! Fumier de volatile!




Jour 2 : Le jour où t'es accueilli avec des cloches!
Place (820m) - Sassa (1430m)
Distance 10km   D+ : 1100m   D- : 500m

On se lève vers 6h00 pour un départ vers 7h00. On n'a pas perdu les automatismes et c'est sous le soleil et la chaleur matinale que nous commençons notre périple. On emprunte un bon sentier muletier à flanc de montagne puis nous joignons  Notre Dame de la Garde premier étape sur l'itinéraire du jour

Notre Dame de la Garde



On continue le périple et on arrive tranquillou sur le village de Perloz où on posera pour recharger en eau au lavoir historique du village.

C'est le Toooorrrr!!!

Bassin avant Perloz

Dans les rues de Perloz

Vue de la fontaine

La fontaine



 
Belle vue sur le fond de la vallée


On repart d'un bon pied ravitaillé en eau, car vu le temps il va falloir faire attention à bien s'hydrater! On descend pas mal et après avoir passé le pont du Torrent Astie on arrive au Pont de Moretta, pont en arcade au dessus de la Lys datant de 1710... Impressionnant!



Descente après Perloz
 

Pont Torrent Astie

Le Pont de Moretta




Au milieu du Pont: l’oratoire et ses fresques

On quitte le pont (502m) et on remonte une courte pente jusqu'au château et bientôt on gagne le hameau de Tour d'Héréaz, puis celui de Barmette (595m). L'itinéraire se partage entre sentier muletier et route asphaltée. Arrivés au hameau de Suc (920m) on rencontre un bénévole du "Trail 5 colli" qui est assis sous la tente d'un ravito. Les coureurs ne sont pas encore passés et on entame la discussion avec lui. C'est un trail qui emprunte un bout de notre itinéraire et qui propose deux distances : un 45km pour 3700D+ et un 18km pour 1700D+. Le type est vraiment sympa et parle un français très correct. Il nous explique le parcours du trail qui à l'air très difficile et nous rencarde sur le fait que nous allons surement rencontrer les coureurs sur notre route et que l'arrivée du trail coïncide avec notre fin d'étape : le refuge de l’Étoile du Berger à Sassa! On en profite pour lui demander si il y a possibilité de bivouaquer sur Sassa et il nous indique un coin après le village dans une pinède. On le remercie et en le saluant il nous souhaite "une belle promenade!"

   
La poignée de porte "piolet" à Barmette


Petite pause

La nature improbable: un arbre qui pousse sur un rocher!


On passe le torrent du Giassit grâce à un long pont puis on débouche sur un sentier muletier qui passe entre les maisons des hameaux de Toux, Lasas, Fangea et Mottet. Le sentier est difficile car il s'agit maintenant de s'élever en montant des marches et encore des marches... On va quasi avaler 500D+ dans ces conditions. On bifurque près des maisons de Molines et on attaque la montée vers le refuge par un sentier muletier magnifique! Très vite on entend le speakeur du Trail qui tchatche en italien et son écho qui retentit dans la vallée. On arrive en file indienne et les spectateurs présents agitent leurs cloches énormes. On bifurque juste avant le portail d'arrivée à gauche, on remonte une courte pente...et là on arrive nez à nez avec... une pompe à bière!! Présente pour les coureurs et les spectateurs : la fin de journée s'annonce bien! Bref le jour où t'es accueilli avec des cloches et une pompe à bière! 

Fin de la première

Une bonne pression!
Petit sieste à l'ombre

Vue du refuge

Autre vue


On s'attable sous un parasol, on se commande une bonne pression et un ragout/polenta excellent!! On assiste à l'arrivée au compte goutte des traileurs qui finissent tant bien que mal... On fait également la connaissance avec une résidente française mariée à un italien qui nous rencarde sur l'endroit où planter la tente qui s'avère être le même que celui décrit par le bénévole du trail. Après une petite sieste à l'ombre d'un arbre, on remplit nos camelbag dans la cuisine de la dame! Sa terrasse a une de ces vues sur les montagnes!! Puis on se dirige vers le lieu décrit et on arrive au bout de la route près d'une pinède. On est pas très loin d'habitations d’alpages. Les vaches et leurs cloches nous entourent!! On occupe la fin d'après midi à des jeux qu'on invente : la pétanque avec des cailloux et surtout "la gamelle"(celle de Gui) où le but est de jeter des petits cailloux dedans... bilan des courses c'est Ch'dric qui nous met la pilée!! On prépare nos sacs pour le lendemain et Gui s'aperçoit alors que ses deux camelbag fuient... la poisse! Gui profite de la venue d'un éleveur du coin pour lui demander si cela pose  problème qu'on bivouaque à cet endroit. Il lui explique qu'il n'y a aucun problème et dans la foulée on plante la tente, on se fait un lyophilisé, on se brosse les dents : Ch'dric nous fera remarquer qu'on est "au cœur du bien"! Finalement on se couche vers 20h30 car demain la journée va être longue...



Le rituel du lyo


2ème bivouac



Jour 3 : Le jour où tu t'aperçois que le tchétchène est un  médiateur!
Sassa (1430m) - Mette Rous (1967m)
Distance 18km   D+ : 1750m   D- : 1000m


 On se lève à 5h00 et on décolle à 5h50. On commence par du D+ ce matin, au programme le col Giassit, le Monte Roux et le refuge Coda. C'est Gui qui ouvre le bal, suivi de ch'dric et je ferme donc la marche.


C'est parti pour 1h40 d'ascension

 
Végétation abondante









Arrivés au col Giassit (2026m), on met la veste car il fait frisqué de bon matin. On pose, et quelques photos et barres énergétiques plus tard on met le cap sur le col de lace (2117m). C'est à partir de ce point que nous prenons les crêtes pour atteindre le Monte Roux. La montée est agrémentée de cordages et d'escaliers métalliques. Cela fait penser à de la via ferrata! C'est un peu engagé mais ça se fait tranquille. 








On atteint finalement le Monte Roux (2318m)! La vue panoramique à 360° est grandiose!! On en prend plein les yeux... On laisse trace de notre passage dans le livre à l'abri de la croix. On décide de rebaptiser ce mont en Monte Rico en dédicace à notre Rico national!


En mode topo


trace de notre passage





On continue le chemin en crête et on croise un troupeau de chèvres qui suivent un couple de randonneurs allemands, ils essaient de nous les refourguer mais les braves bêtes préfèrent continuer à les suivre... Ça nous fait bien marrer!! Très vite on aperçoit le refuge Coda, point d'orgue de la matinée... Mais le parcours est escarpé et on tarde à le rejoindre. Le soleil commence à chauffer! Avec les gars on se tape des barres quand on s'aperçoit qu'au refuge, il y a l'arrivée d'un nouveau trail! 2 en 2 jours!! Arrivés en haut on assiste au finish des coureurs mais le bruit devient vite saoulant... Pourtant le cadre est magnifique mais le contexte gâche un peu l'ambiance... Enfin on en profite pour se ravitailler : quelques sandwichs et on fait le plein en bouteilles d'eau.


Les chèvres collantes...


Sentier de crête

Arrivée du trail

Refuge Coda

Vue sur la vallée


On redécolle du refuge vers 12h30 avec comme objectif d'atteindre les alpages de Monte Rous. A peine partis, on se dit que ça tape sec et qu'on doit mettre de la crème solaire... et là Gui se rend compte qu'il n'a pas le tube alors qu'il avait dit à Cédric qu'il en prenait un pour deux... Il est au cœur du mal le tchétchène! On remet les sacs et après avoir passés un petit col on se retrouve au pied du Mont Mars. Quelques marches plus bas, on arrive au lac Goudin. On passe ensuite l'alpage Serrafredda où on aurait pu aisément planter les tentes! On remonte légèrement avant d'entamer une bonne descente à travers les mélèzes jusqu'au lac de Vargno. On passe sur le barrage et on peut voir dans le lac pas mal de truites sauter à la surface. On décide de se poser à l'ombre pour une petite sieste...





Lac de Gaudin




Le barrage du lac

Le lac de Vargno

La siestas

Le lieu du bivouac est prévu autour de l'alpage Mette Rous. Nous sommes presque à court d'eau et on doit donc trouver un torrent pour assurer l'eau pour les repas du soir et la marche de lendemain matin. On se rencarde sur la carte du topo et on décide de monter jusqu'à l'alpage Grangeas où coule la source du même nom. Pour cela, du barrage on continue sur la piste puis on laisse la direction de l' Alta Via pour prendre une variante qui nous emmène tout droit à la source. On traverse un petit torrent et on se tape une rude montée à travers les arbres mélèzes, bouleaux, pins larricio... mais aussi à travers une végétation dense due au trop peu de passage de randonneurs sur ce sentier. La montée est difficile en cette fin d'après midi et on se demande à la vue de clôtures posées par les bergers si on a le droit de se trouver à cet endroit d'autant plus que l'on aperçoit en contre-haut un chien et qu'on entend les trayeuses marcher à plein régime... Finalement le bout du sentier débouche sur l'alpage de Grangeas. On tombe nez à nez avec une famille d'éleveurs de vaches qui sont tous là du grand-père qui nous calcule pas, en passant par le père qui lave les bidons de lait aux enfants qui nous regardent d'un air dubitatif... On aperçoit une source et on se demande si on peut se servir? C'est à ce moment là que ch'dric décide de demander au vieux si elle est potable et si on peut se servir mais le vieux ne tourne même pas la tête malgré l'insistance de ch'dric... C'est alors que Gui décide d'aller voir le père, il se dirige vers l’alpage et entame la conversation avec le sourire! Le père parle français et dit qu'on peut se servir à la source et qu'il n'y a aucun problème pour planter la tente un peu plus haut. C'est vraiment le jour où tu te rends compte que le tchétchène est un sacré médiateur! Cela fait deux fois qu'il entreprend de parler avec l'autochtone et deux fois que cela se passe bien!! On en profite pour remplir les camelbag de cette bonne eau fraiche. On se trompera d'endroit pour prendre l'eau et c'est le vieux qui finalement nous dira que celle qu'on prend n'est pas potable et qu'il faut la prendre juste au dessus...comme quoi! On remonte quelques centaines de mètres par la piste et on trouve un endroit à peu près plat pour le bivouac!


L'alpage Grangeas
 
Lieu de bivouac



Cela fait trois jours qu'on ne s'est pas lavé et Ch'dric et Gui proposent un bain dans le torrent non loin du bivouac. On débarque et là c'est ice bath pour les jambes et rafraichissement pour le corps en entier!! Ce petit moment fait du bien aux organismes d'autant que la journée a été longue. On remonte aux tentes et on prépare les lyophilisés mais on est au cœur du mal car ici c'est moustiques-land!!! des dizaines de ces bestioles nous tournent autour et nous piquent même à travers les vêtements... Je mangerai finalement mon lyo dans la tente soulé que je suis... On se couche vers 21h00 au cœur d'un panorama magnifique et conscient que demain nous attend une nouvelle longue journée...

Le torrent du Grangeas

Ice bath

U ceceno

Rafraichissement...

3ème bivouac

Vue de la tente



Jour 4 : Le jour le plus long!
Mette Rous (1967m) - Gressoney-Saint-Jean (1388m)
Distance 18km   D+ : 1250m   D- : 1500m



On se lève vers 5h00 et on décolle vers 6h10. Le premier objectif de la journée est le col de la Marmontana et ses 2348m. La montée de bon matin est douce d'autant qu'on longe une piste qui partait des alpages de Grangeas. On croise pas mal d'alpages à l'abandon. Certains servaient de camp de base pour les travaux qui ont permis de faire cette piste. Un peu avant d'arriver au col on aperçoit un animal (un bouquetin ou un mouflon) qui gambade sur les crêtes! On arrive au col de la Marmontana et ses vues encore magnifiques!!


Départ à l'aube!

Les randonneurs

Faut prendre les escaliers!

Alpage abandonné


Panorama

3ème étape


Vue du col

Du col on redescend le long de longues pentes herbeuses pour arriver aux rives du Lac Clair (Lago Chiaro 2094m). On fait une petite pause et on observe les nombreuses truites présentes dans ce petit lac et qui entament la chasse aux mouches! En longeant le lac jusqu’au petit barrage on en a même vu qu'on pouvait attraper à la main! Plus tard après les ruines d'un alpage on se voit obliger de s'arrêter pour laisser passer un troupeau de vaches qui déambule sur le sentier au son de leurs cloches! Cela durera un moment puisqu'elles ont peur de nous...


Lac Clair



Chès vach'





Puis vient le moment de d'attaquer le D+ et c'est pas la grande forme de mon côté... Les pentes très raides que nous attaquons deviennent d'un coup très pénibles...Pas de jus, pas de jambes... Gui et Cédric avancent bien et moi je traine... Quelques pauses plus loin nous finissons par joindre la crevasse Crenna dou Leui , un passage particulier!

Easy u ceceno



Vue d'un côté

Vue de l'autre


On pause un instant puis on redescend et le petite forme va montrer des signes plus inquiétants... A peine 200m de descente, et je suis pris de vomissements... Le physique commence à me lâcher... On décide alors de faire une bonne pause (30mn) histoire de me faire récupérer un peu. On trouve alors un petit coin de paradis sur une terrasse où les dalles rocheuses servent de transat naturel! Au moment de repartir, c'est devant l'insistance des collègues que je me déleste d'une partie de ma charge. Gui et sa traditionnelle question "Tu veux que je porte ton sac?!" résonne dans ma tête... La fin de la descente nous amène au pied du col de la Vecchia( la vieille). On amorce alors la montée qui se fait en pente douce et nous joignons finalement le col et ses 2184m vers 12h45. Nous sommes à la moitié de l'étape du jour... Les gars en profitent pour manger un lyophilisé mais moi rien ne passe et je passe mon tour... Le soleil donne et la chaleur est bien présente malgré les courants d'air du col.



Recharge des batteries

Pas au top...



Arrivée au col de la Vieille

Puis c'est l'heure de repartir, les pancartes indiquent le refuge Niel à 2h00. On se dit  à ce moment qu'il ne reste que de la descente et que cela devrait bien se passer. On quitte le col par un intriguant chemin muletier qui se poursuit par un magnifique sentier coincé entre paroi abrupte et ravin. Je prends les devant et nous descendons ainsi au cœur de la végétation mais quasi en plein cagnard. Cela devient difficile et au bout d'une heure on décide d'une petite pause à l'alpage abandonnée de Grignatz (1823m) histoire d'avoir un peu d'ombre... On pause une vingtaine de minutes puis on repart et 5mn après on voit un panneau indiquant encore 1h15 jusque Gruba!!? 



Sherpa n°1

Sherpa n°2




A partir de ce moment plus rien ne va aller pour moi... Je n'arrive plus à monter et le moindre effort me demande une énergie folle que je n'ai pas... Les pauses se multiplient et les réserves en eau s'amenuisent sévèrement et moi qui continue de transpirer comme jamais... Gui et Ch'dric vont être aux petits soins pour moi : Ch'dric va ouvrir le sentier et Gui va me coller car il a remarqué que mes pas n'étaient plus sûrs d'autant que le sentier est en dévers, les deux vont arrêter de boire afin de me réserver leur eau, ils vont me filer des gels coup de fouet sur les multiples pauses à l'ombre... Bref des mecs opérationnels je ne les remercierai jamais assez pour ça! Vous avez été au top les mecs! Je suis dans un état dans lequel je n'ai jamais été, je ne sais pas où j'arrive à puiser la force de continuer... la fin est interminable, on passe le torrent Lazouney et il faut encore remonter 100m le long d'une barrière. Je m'arrête tous les 20m à bout de force et de souffle... On joint finalement les chalets de Gruba et son auberge : point final de cette étape du jour le plus long!! On aura mis quasiment 2h30 pour parcourir 3km initialement prévus en 1h00...

Au cœur du mal

Auberge Gruba

A l'auberge on est accueilli par une dame fantastique! On se boit des rafraichissements en tout genre : mousse pour les sherpas et eau + fanta pour moi! La décision est prise d'aller voir un toubib car cette faiblesse est la marque d'une déshydratation sévère. Gui veut qu'on redescende sur Gaby pour consulter: sage décision vu mon état. La dame propose de nous descendre dans 30mn et de nous amener jusque chez le toubib! Elle me permettra également de prendre une douche dans l'une de ses chambres! la première depuis 4jours!! On passera toute la descente dans son van à discuter du Tor des géants et de la querelle que le président de la région du Val d'Aoste a instauré en décidant de créer un autre Tor des Géants à une semaine d'intervalle... Arrivés à Gaby, petite bourgade de la vallée on trouve porte close chez le toubib mais la dame nous dépose à la pharmacie où l'on espère trouver des compléments à avaler pour recharger la machine. La charmante pharmacienne me donnera des supradines car elle n'a que ça... ça me parait léger mais on va faire avec.
Se pose maintenant le problème du coucher, il est quasi 19h et on ne sait pas ou l'on va crécher?!! Les sherpas partent alors en quête d'infos. Au final c'est Ch'dric notre sauveur qui après avoir été à l'office de tourisme a dégotté un mec qui peut nous déposer au camping de Gressonney-Saint-Jean! Moi je suis encore bien faible quand il nous prend. Finalement on arrive au camping de Gressonney vers 19h30. Les chips achetées par Ch'dric font un bien fou!! On plante la tente et on décide de manger ce soir au resto du camping: petite cabane tenue par une sympathique italienne! Au menu pâtes cuisinés pour tout le monde!! Les sherpas se finiront au génépi frais puis c'est le coucher vers 23h00!! Quelle journée!




Jours 5 et 6 : Les jours où Ch'dric s'est couché comme un trou du cul!
Gressoney-Saint-Jean (1388m)-Gressoney-Saint-Jean (1388m)
Distance 0km   D+ : 0m  D- : 0m
 

On se lève plutôt tard ce matin vu qu'on a décidé de ne pas marcher pour se reposer. Vaisselle, douche et lessive au programme. Puis visite de Gressoney : achat de quoi faire des sandwich, prise d'info à l'office du tourisme pour savoir un peu les possibilités de se rendre à la vallée suivante et revisite à la pharmacie. Il fait particulièrement chaud aujourd'hui, d’ailleurs les autochtones disent qu'ils connaissent rarement ces températures... On pique niquera à l'ombre dans notre petit kiosque en bois à quelques mètres de la tente! Au menu pain, tomates, charcuterie et fromage de montagne... le top!! On passera la fin d'après-midi à jouer au Président car Gui a acheté un jeu de cartes à la supérette!! Le soir plâtrée de pâtes et coucher vers 23h30... pour certains comme un trou du cul!


Le camping de Gressonney

Notre petit kiosque


Gressonney village

Le lendemain même type de journée avec comme but principal la remise en état de l'organisme!
Au programme : apéro royal pour commencer où quand tu commandes trois bières il te ramène un gros bol de chips, du pain avec du saucisson!!?? Réservation du trekbus pour demain matin à destination de Saint Jacques dans la vallée suivante. Puis sandwichs sous le kiosque et Président! On est au top!! Le soir on se fera une pizza italienne avant de se coucher vers 20h30 car demain on se lève tôt : 5h00... On notera qu'une fois de plus c'est Ch'dric qui se couchera comme un trou du cul ( nom donné au perdant du jeu  de cartes du Président)!  C'est situation fera dire à Ch'dric qu'à trois on forme dans cette aventure un trio à l'instar du " Le bon, la brute et le truand": mais pour nous c'est plutôt "Le GPS, le médiateur et le trou du cul"!!! La nuit va s'avérer agitée pour les deux zigs d'abord empêchés de dormir par une tente d'italiens qui ne parlent pas mais crient... Après les chuuuttt de Gui, Ch'dric a gueulé et était à deux doigts de se lever... Une fois l'affaire passée : bim un feu d'artifice puis une fois fini, un deuxième!!! Ils ne s'endormiront que vers minuit...


Apéro royal!



 Una pizza!!



Jour 7 : Le jour où t'aurais jamais dû sortir ton chargeur solaire!
Saint-Jacques (1690m) - Maën (1220m)
Distance 17km   D+ : 1150m   D- : 1670m


Lever à 5h00 du matin, on remballe tout le matos, on déjeune et nous voilà prêts pour prendre notre Trekbus qui arrive à l'heure devant le camping. C'est un jeune à la conduite aisée du montagnard qui sera notre chauffeur. Le trajet durera 1h30 jusqu'à Saint-Jacques point de départ de notre journée de rando. Cédric et moi arriverons quand même à somnoler alors que le tchétchène non, en même temps qu'il perdra patience pour ouvrir la fenêtre arrière car la chaleur est pesante en ce début de matinée : 26° à 6h30, à Pont Saint Martin... Arrivés à destination on reprendra un petit déjeuner au bar du coin puis c'est le départ vers 8h00. Il fait super lourd dès le début et la transpiration commence son travail de sape. Cela a tendance à m'inquiéter car je me dis que mon organisme n'a pas encore totalement récupéré... Mais un peu plus haut lorsque je vois que Gui et Dric suent aussi ça me rassure! On suivra sur toute cette première partie un papi qui monte de bon matin son allure sera la notre! La montée vers le refuge du Grand Tournalin est douce et longue mais elle nous convient bien pour une remise en marche! On arrive finalement au refuge vers 10h30. On se pose un peu, on prend le temps de s'avaler un lemon soda puis on attaque les sandwichs, le melon et la micro sieste qui va bien en plein soleil!




Départ de Saint-Jacques





Le refuge du Tournalin


On est là!





Le cure-dent tchétchène


Il est 11h45 quand nous mettons les voiles vers le col de Nannaz et ses 2775m ce qui constitue le point le plus élevé depuis le début du trek! On part d'un bon pas et u ceceno impose un sacré rythme qu'on suit avec Ch'dric. On avale les 250D+ passant les premiers névés de l'aventure et joignant le col assez facilement! On pause le temps de prendre des photos et on enchaine sur une courte descente et remontée vers le col des Fontaines et ses 2695m. On bascule alors dans la vallée de Valtournenche  et ses géants dont notamment le fameux Cervin que l'on distingue à peine dans les nuages. Je suis content car j'ai pu depuis le début de la matinée accrocher mon chargeur solaire au sac. Ce chargeur à une histoire: je l'avais acheté pour le tour du mont blanc en 2014 et je n'avais jamais pu le sortir du trek car nous avions eu de la pluie pendant 7 jours...




Montée vers Nannaz



Quelques névés à 2700m

Le col Nannaz point culminant !


Vue d'un côté

Vue de l'autre

Col des fontaines


U ceceno

La descente se fait bien et nous continuons sur un bon rythme! Durant notre descente nous cherchons à voir le Cervin mais en vain... On arrive à l'altitude 2104m au fond de la cuvette à Cheneil où l'on pause à l'auberge Panorama al Bich. On se prend un rafraichissement quelques parties de Président et voilà que la pluie fait son apparition... On sort les vestes de pluie  mais on conserve la banane! Puis c'est la descente sur Valtournenche qui commence par un enchainement de virages serrés à l'intérieur d'un bois. On traverse le torrent de Cheneil puis c'est l'entrée du hameau de Crétaz et le centre de Valtournenche.


Matterhorn!! Si si!!

Pluie à Cheneil

Le torrent de Cheneil


Arrivée sur Crétaz

On cherche le centre et Gui se fait indiquer par un couple de vieux l'office de tourisme. On a pris l'habitude de s'y rendre car ils sont souvent de bon conseil! Arrivés sur place le copain du tchétchène qui nous renseigne nous annonce une météo de merde pour les 2 prochains jours et nous indique un camping à Maën un peu plus bas. On cherche pas trop et on décide de descendre au camping et d'aviser demain matin. On arrive finalement au camping vers 17h00. On plante la tente et on se renseigne à l'accueil pour la météo. On arrive à joindre les guides de haute montagne du coin qui nous annoncent des orages pour toute la journée de demain... On prend la décision de ne pas tenter le diable et on se résout : on ne marchera pas demain. L’expérience de la Corse a su nous rendre plus sages... Après quelques binouz et un panini on rentre se coucher vers 22h00... Saloperie de chargeur solaire!!!

Camping de Maën



Jour 8 : Le jour où tu te lèves à l'est et tu te couches à l'ouest!
Maën (1220m) - Prouzel (76m)


Réveillés par la pluie vers 7h, on va essuyer 2h30 d'orages... la pluie va finir par entrer dans la tente par le dessous avec le contact des matelas... On migre à l'abri d'un chalet et de ses sous pentes pour prendre notre petit déjeuner! On passera la fin de matinée et le midi dans un snack sur le bord de la route non loin du camping. La tenancière elle aussi très sympa nous rencardera sur la météo en nous apprenant que les orages se propageront au dimanche (notre dernier jour de marche). Il faut prendre une décision et nous rentrons vers 15h au camping. On appelle de nouveau les guides qui nous confirment la mauvaise nouvelle : orages jusque dimanche. On convoque un conseil à trois et on prend la décision de stopper notre trek et de rentrer au bercail... la mort dans l'âme...

Déjeuner a l'abri...

On garde la pêche!

Notre abri matinal!

A partir de ce moment tout va s'enchainer très vite : on replie les tentes, on attend sous la pluie, on prend une première navette à 16h30 ( on a failli prendre un bus allemand) puis une deuxième à 17h00 et enfin une troisième prise in extremis à 17h45 grâce au médiateur et son flair légendaire! On joint finalement Courmayeur vers 19h00. On se rhabille et on s'en va déguster la traditionnelle pizza du tunnel. Puis on décide de rouler dans la foulée et on quitte Courmayeur vers 20h30. On arrivera 8h plus tard à Prouzel après un relai conduite au taquet!

Attente du bus!

C'est la fin...

Les pizzas du tunnel!




Épilogue

Encore une sacrée aventure de vécue! Force est de constater que ce terme "aventure" correspond en tout point à ce type de trek. Et c'est ça qu'on vient rechercher chaque année : prendre de la hauteur avec des gens bien, ne penser qu'au moment présent et profiter... Le parcours de l'Alta Via n°1 du val d'Aoste nous a offert un super terrain de jeux où les paysages ont montré une réelle diversité. L'accueil des valdotains a été super et je retournerai volontiers en Italie, c'est sûr! Cédric est venu nous accompagner durant cette promenade et il a réussi son examen de passage : un mec bien le Cécé! T'as gagné le droit de revenir l'année prochaine, surtout pour distribuer comme un trou duc! Alors vers quels horizons? Les Dolomites, la revanche des Écrins, l'Alta Via n°2... Avis aux amateurs!


PS: Au cœur du mal...
 
Ch'trouduc

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