vendredi 18 octobre 2013

GR20 2013





Préambule

Bon, nous voilà de retour 3 ans après une magnifique partie nord achevée en 7 jours dans le sens sud/nord en compagnie de Romain et Rico. On remet ça mais cette fois ci avec la ferme intention de boucler ce mythique GR20 dans son intégralité.
L'année dernière, David, mon pote à la compote, me soumet l'idée du GR20 pour l'été, mais cela parait alors compliqué et on se dit que l'année suivante pourrait être un bon compromis. Nous voila donc en septembre 2012 à spéculer sur une hypothétique traversée en juillet 2013. On fait alors l'inventaire des forces en présence : Guillaume, David et moi.Si Guillaume et moi sommes opérationnels pour le faire dans son intégralité, David qui ne dispose que d'une semaine penche pour la partie nord uniquement.
Dès les vacances de la Toussaint on s'attelle à peaufiner le projet, et au final les dates sont choisies ça sera du 08/07 au 17/07 soit un GR 20 en 9 ou 10 étapes: va y avoir du sport! On prévoit quand même un matelas de 2 jours au cas où un imprévu s'invite au menu! On attend alors que David ait ses vacances acceptées pour cette période.
Fin janvier 2013 l'aventure subit un premier rebondissement puisque d'une part David obtient ses congés et d'autre part Rico (présent lors de la première épopée) émet le souhait d'effectuer la partie sud de Vizzavona à Conca avec nous. Au final, nous serions 3 sur tout le parcours avec un changement de partenaire à mi chemin!!
On profite d'une soirée avec les familles pour réserver nos billets d'avion avec Guillaume : départ d'Orly le 08/07 à 8h25 arrivée à Calvi à 10h00, retour le 19/07 à 16h50 de Figari arrivée Roissy à 18h35. On fait la réservation au moins cher et l'aller se fera avec une agence de voyage espagnole Travelgenio qui, et on ne s'en doutait pas à ce moment la, n'ira pas sans nous poser quelques soucis...
Deuxième rebondissement, mi-avril David me téléphone pour nous faire part de la volonté d'un de ses potes, Richard, de se joindre à nous pour notre marche corse. Richard, je ne le connais pas encore , même si j'ai déjà entendu parler de lui. On s'est juste côtoyer à l'arrivée du Trail des poilus en 2012 mais à l'insu de notre plein gré. Le groupe s’agrandit!
Troisième rebondissement, Rico renonce à nous accompagner car cela tombe en plein déménagement...Dommage nous voici finalement 4 pour la partie nord et en amoureux avec Guimeuf pour la partie sud!
Je profite des vacances d'avril pour faire un saut au vieux campeur et acheter un peu de matos : un sac Deuter ACT-Lite 50+10 (1.5kg), une paire de Salomon Quest 4D GTX et une paire de bâtons Leki Voyager.Merci Père-Noêl! Me voila prêt pour affronter les 2 derniers mois qui seront occupés à s'entrainer un minimum.
On crée un page FB pour pouvoir partager avec le groupe, on y met nos différentes sorties : David lui c'est les Calanques de Cassis sous le soleil et nous c'est plutôt les larris sous les orages...Sinon lors de la première sortie avec Guillaume, ses hanches s'en souviennent encore. De son côté, Richard s'entraine comme un mercenaire dans les dunes de Berck où il charge son sac avec de nombreuses bouteilles d'eau pour simuler sa future charge. Certains publient aussi leur liste de matos avec le poids du sac mais pas tout le monde (note pour la suite). Les questions autour du petit déjeuner et des repas sont un sujet qui nous préoccupe: barres, petit dej en refuge, muesli...le choix est cornélien!
Nous voici début juillet, et Guillaume n'arrive pas à obtenir son billet électronique pour l'aller! Impossible de contacter Travelgenio. On regarde sur le net et on se rend compte que pas mal d'internautes ont eu des soucis avec cette agence, Ça ne sent pas très bon. La solution serait de racheter un billet mais le prix a presque doublé... Heureusement Guillaume connait un pote Laurent qui récupérera le fameux billet auprès de l'agence Air Corsica à Bastia. Ça c'est fait!
Nous sommes à la veille du départ et après quelques chouilles pour certains d'entre nous, nous allons passer la soirée chez mon padre avec Richard et Guillaume pour être opé le lendemain matin dès 3h30!
Avant d'entrer dans le vif du sujet je vous propose une présentation nécessaire de l'équipe:

L'Equipe



Richard, aka Ricardo, 42 ans (ce qui en fait le doyen), doté d'un physique à toute épreuve, adepte  de la Raiedorée et des sports de glisse, il possède la tchatche évidente du commercial et même si il part dans l'incertitude, il sait que  le sage qui scrute l'horizon va plus loin que le taré qui va rider!

  



David, aka Bobby la Pointe, aka Dada, aka Dave...40 ans, le plus expérimenté du groupe par sa connaissance du milieu montagnard,  atteint d'une forme sévère des vibrations des tissus mous respiratoires, équipé d'une trousse à pharmacie à rendre fou un toxico, sa devise : "Choisir c'est renoncer."




Guillaume,  aka Guimeuf, aka ch'Tchétchène, aka "Mac tchio biloute"... 37 ans, atteint d'une tendinite du tendon d'Achille deux semaines avant de partir, d'une patte folle suite à une mauvaise opération, mais disposant d'une âme de guerrier et d'une volonté sans faille qui en font un véritable Homme de fer. Sa devise reprend la fin de l'hymne tchétchène :"Et même si les montagnes de pierre brûlent dans le feu des batailles aucune horde au monde ne me mettra à genoux."



  






Moi, aka Thibaut, aka Jacky Chung, aka Al-Qaïda... 38 ans, en pèlerinage sur la terre corse, passionné par le côté sportif du GR, tributaire des "mules" pour palier à des lombalgies aigües, possède un avantage certain : maintenant je sais à quoi m'en tenir!






J-1 : Saleux-Prouzel-Longueau-Morisel



 Par soucis de sommeil, on prévoit en ce dimanche 7 juillet, veille du départ, de dormir chez mon padre à Morisel vu que c'est lui qui assure l'acheminement d'une partie de la troupe à l'aéroport le lendemain matin (merci encore papa pour tout!). Il est 18h00 et je quitte Saleux et ma petite famille non sans une certaine émotion pour aller chercher dans un premier temps mon tchétchène à Prouzel. Lui aussi c'est embrassade avec la famille et puis direction la gare de Longueau où nous devons récupérer Ricardo qui arrive par le train de Boulogne. On ne l'a jamais vu mais on se dit qu'on ne peut pas le rater, la tenue du randonneur est quand même particulière! Pas manqué, flanqué d'un chapeau militaire, de lunettes Julbo blanche, d'un sac surdimensionné, voilà notre Ricardo!






On embarque et direction Morisel pour l'apéro et une bonne platrée de sapguettis bolognaise, on fait connaisance et il est déjà l'heure de se coucher. Moi je dors avec mon padre et Guimeuf et Ricardo vont tester les joies de la promiscuité. Demain matin c'est lever à 3h30 et départ à 4h00...



Jour 1 : Calinzana-Ortu di u Piubbu

D+ : 1360m       D- : 60m

Temps topo : 6h30

Temps (pauses comprises) : 5h40



Départ de Morisel 4h10 arrivée à Orly à 5h45. On remercie le padre pour le trajet et on lui fixe rdv le 19 à Roissy ce coup-ci. Ensuite, première motivation : trouver la filmeuse pour protéger nos sacs, mais le seul hic c'est que ça nous coutera 10€ par sac. En fait une assurance garantie est comprise dans le prix. En même temps on ne prend pas le risque de voir nos sacs éventrés. Ensuite direction l'embarquement et en passant on voit le lever de soleil au bout de l'aérogare, improbable...







Avant l'enregistrement de nos sacs, on passe devant une balance : Gui et moi avons un sac d'environ 15kg (avec l'eau 3l) et Ricardo nous claque un magnifique 22.3kg!!! Wahouu!! On n'est pas digne de porter une telle charge, ça fait quand même beaucoup...
A 23kg il payait une surtaxe, mort de rire! Départ à l'heure et arrivée à Calvi à 10h00, C'est le regroupement de l'équipe puisque David arrive à son tour de Marseille. On récupère les sacs et direction dehors pour prendre un taxi qui nous amènera à Calinzana. Dehors, le soleil cogne déjà ( on n'est pas habitué!) et une file d'attente s'est créée pour le taxi. J'avais pris le n° de tel d'une agence mais impossible de les joindre, du coup on se retrouve en fin de queue.


Notre tour arrive enfin et c'est une dame sympathique qui nous dépose à  Calinzana vers 11h30. On part alors en quête d'une boulangerie pour acheter des sandwichs. Puis direction le départ du GR20. Dégustation des dwichs, préparation des pieds au NOK, ajustement des bâtons, photos souvenirs, bref nous démarrons notre périple à 12h20 en plein cagnard...ça va chauffer , c'est sûr!

Le sentier s'élève d'emblai et la montée se fait sur un rythme tranquille, ça tchatche pas mal pour l'instant. On croise la première source à la fontaine d'Ortiventi, moment de remplissage de la gourde pour Dada et de rafraichissement pour les autres. Très vite nous dépassons le croisement avec le Mare e Monti pour arriver au promontoire d'Arghjova. On fait une petite pause car les organismes commencent à subir la chaleur et le dénivelé. La vue sur la baie de Calvi est magnifique:









C'est alors que Ricardo se rend compte qu'il a cassé l'assiette que sa femme lui avait donné, pose obligatoire avec, ça chambre un peu:



On repart de bon pied et Ricardo prend les devants sur une allure soutenue et très vite il prend le large suivi de loin par Dave. Guillaume a un gros coup de moins bien et on ne peut pas les suivre. Deux fois il manque de trébucher et je l'aide en maintenant son sac. Les arrêts se multiplient, il n'est vraiment pas au top de sa forme : le regard est creusé et les yeux rouge...On croise dans les grands lacets qui montent au col un jeune qui fume sa clope (note pour la suite), mais aussi un couple d'anglais qui nous dit à ce moment là : " Presque là! Presque là! " Entendez par ces paroles que nous étions bientôt arrivés...Alors que non, il restait au moins 2h30 avant le refuge... Bref nous parvenons tant bien que mal à Bocca u Saltu (1250m). C'est le moment de la pause et pas de traces de Ricardo ni de Dave...







  
Au moment de repartir, on voit Dave qui pointe le bout de son nez, en fait, il faisait une pause à l'ombre à environ 100m de nous derrière les rochers. Par contre, pas de traces du Ricardo : où est-il ? On s'interroge sur le fait qu'il ait pu continuer seul...Quand tout à coup qui arrive derrière nous: Ricardo! Comment pouvait-il être derrière nous ? En fait dans la montée en lacets, à un moment il y a avait une intersection  Ricardo a continué tout droit au lieu de prendre à droite...En plus dans son égarement il a perdu son matelas qu'il avait attaché en dessous de son sac, trop long pour redescendre , il fera avec l'autogonflant! Ça démarre fort!
La pause fait du bien à Gui qui semble reprendre du poil de la bête et nous voilà tous les 4 partis pour aborder la montée vers le Bocca à u Bazzichellu (1486m) qui ponctuera le dénivelé positif pour cette étape. Ricardo part devant et discute avec Dave , Gui et moi on suit derrière tout en discutant et arriva ce qui arriva : à une intersection Ricardo oublie de tourner à droite, et tout le monde suit ! Heureusement on croise un anglais qui s'est lui aussi trompé. Bref, on retiendra pour la suite que si on ne voit plus de marque rouge et blanche pendant 2mn c'est qu'il y a surement erreur de parcours ! L'itinéraire remonte alors à travers une barre rocheuse, équipée à un endroit d'un câble, ce qui nous forcera pour la première fois  à utiliser les mains pour grimper.







Arrivés au Bocca, on aperçoit le refuge qui n'est plus qu'à 1 heure. Maintenant c'est plus cool, on continue quasiment en suivant les lignes de niveau. On arrive finalement  au refuge d'Ortu di u Piubbu (1520m) à 18h00. Il y a beaucoup de monde et les emplacements de tente restants ne sont pas terrible : on finit par en trouver 3 au milieu du maquis, dans la pente, parmi les vaches en liberté et sur des nids de fourmis : royal !! On va ensuite payer nos repas et le bivouac. Première claque : le prix du bivouac par personne :7€ alors qu'il y a trois ans c'était 4€ (comprenez que cela a augmenté de 1€ chaque année, à ce tarif là le GR20 va devenir une ruine...). Deuxième claque : l'accueil de la gardienne et sa difficulté à rendre correctement la monnaie ( repas 20€ + bivouac 7€ = 27€ , rendu sur sur un billet de 50€ : 12€ à Ricardo et 13€ à Dave...). Finalement on dine vers 18h30. A table nous sommes avec un norvégien d'Oslo, avec qui on tchatche un peu dans un anglais approximatif, et le jeune du Val d'Oise rencontré dans la montée (si si celui qui fumait sa clope!). Alors lui il a une belle tête de vainqueur, quand on lui demande pourquoi il fait le GR20 seul ils nous répond froidement : "Je préfère le faire seul que de le faire avec des connards!" Bon no brain le gamin , on passera à autre chose. Le repas c'est soupe, lentilles aux figatelli ( il faut les trouver...) et cake maison.


Ensuite c'est une bonne douche froide pour tout le monde, discussion et étude du topo pour le lendemain. Au final , on se couche vers 20h45 fourbus par cette longue première journée.


Jour 2 : Ortu di u Piubu-Carrozzu-Ascu Stagnu
D+ : 1550m       D- : 1560m
Temps topo : 13h10
Temps (pauses comprises) : 13h00

Lever 4h00 pétante et c'est les premiers rituels du matin qui se mettent en place : habillage, remballage tente+sac+matelas, préparation du petit déj', remplissage des camelback et gourdes. On est opérationnel pour un premier matin et à la frontale, on décolle les premiers du refuge à 5h15. A ce moment là, on sait que la journée va être longue et difficile car c'est 2 étapes qui nous attendent avec +de 3000m de dénivelés cumulés, plus de 13h de marche et surtout un relief alpin qui n'aura de cesse que d'user les organismes...Mais bon le départ se fait dans la bonne humeur, j'en profite pour remplir ma poche à la source un peu au delà du refuge.
Au programme un petit D+ de 600m : ça commence par de grandes dalles rocheuses...





puis des éboulis et de gros rochers et des aulnes ( arbustes odorants)...



La mise en jambe est difficile mais on a un bon rythme. Arrivés à la source de Leccia Rossa, on fait une mini pause et c'est là qu'on aperçoit au dessus de nous, deux randonneurs. D'où sortent-ils ? Arrivés au Bocca de Pisciaghja (1950m) on découvre un emplacement pour un bivouac, sûrement l'endroit utilisé par nos prédécesseurs. Après un petit raidillon , on passe sur le versant sud du Capu Ladruncellu : la vue est magnifique.

 



Un peu plus loin on croise le premier randonneur qui vient du refuge de Carrozzu : le mec fume sa roulée tout en marchant avec un smile collé sur la figure! Il finit son GR20 aujourd'hui. Il nous raconte son immense joie de l'avoir fait, les paysages extraordinaires, les rencontres inoubliables...Ça nous laisse rêveur. En plus le type vient de La Motte un petit bled avant de monter sur Callas : l'ex-village de Dave sur les hauteurs de Draguignan, le monde est petit. On poursuit notre chemin et déjà un train de randonneurs nous double, dedans il y a le norvégien de la veille, il n'a pas l'air de rigoler. On rejoint alors les randonneurs du bivouac du col, mais en fait ce sont deux randonneuses, des autrichiennes. L'itinéraire se poursuit de part et d'autre des crêtes avec pas mal d'escalade et de désescalade. On finit par gagné le Bocca di L'Innominata (1912m altitude du topo mais en fait sur la photo c'est 1865m: qui a raison, qui a tort, la vérité est ailleurs!)



Le temps se couvre sévèrement et l'orage gronde, au moment d'aborder la raide descente sur Carrozzu (650m D-). On se fait doubler par deux petits jeunes qui se font la descente en courant...ça ne nous laisse pas indifférents. La descente est pénible d'autant plus que l'orage éclate et que l'on se retrouve très vite sous la pluie : on sort les protections des sacs et les ponchos, la douche est assurée! On parvient finalement au refuge de Carrozzu (1270m) vers 11h00.
On se fait engueuler parce qu'on n'a pas enlevé nos chaussures à l'entrée...Même si c'est normal, il y a quand même une façon de dire les choses. Du coup cela a l'effet d'une seconde douche froide...Mais bon, après s'être déchaussés nous rentrons dans la salle à manger ou bon nombre de randonneurs sont là pour se restaurer. Le problème c'est que les mecs du refuge sont en train de repeindre les murs de la salle et ce au rouleau et sans protections par terre. Du coup , il y a plein de goutes de peinture par terre, tout le monde se colle de la peinture sur les habits , les sacs...Allo ?!! T'as un refuge, tu fais de la peinture en plein midi?!! Non mais j'ai envie de dire allo quoi!!??
On finit quand même par se restaurer : Gui et moi on tape notre premier lyophilisé et Ricardo et Dada se font un sandwich. Ricardo a quand même pris 1kg de pain, 500g de jambon cru, 500g de gouda...On tchatche un peu avec les autrichiennes qui décident également de doubler, de même que nos deux jeunes coureurs de descente.
Une odeur nous importune les narines dans le refuge : en fait un type boitant , errant comme une âme en peine dans la salle est assis sur le bout d'un banc, il a du se blesser et empeste la gerbe! Pouahh!! On sort pour s'aérer, la pluie a quasiment cessé. Il est 12h00 et c'est l'heure de repartir pour la seconde étape de la journée avec comme point de mire l'ancienne station de ski d'Ascu Stagnu.


Direction la passerelle de la Spasimata que l'on atteint 10mn plus tard en ayant descendu des dalles équipées de chaines. La montée vers le lac de la Muvrella s'annonce difficile en raison des nombreuses dalles à franchir rendues glissantes par la pluie. Arrivés au pont on ne déroge pas à la photo traditionnelle:






On range les appareils photos et on s'attelle à la montée en redoublant de vigilance et d'attention. Mais alors que les dalles équipées se succèdent, Ricardo dévisse et se retrouve en train de glisser vers l'extrémité des dalles et après c'est 5m de chute en ravin jusqu'au torrent. Et là un rocher en plein milieu stoppe sa chute...Ouf!! Il est passé par une belle porte. Il arrive à se hisser à notre hauteur, tout le monde est refroidi...On poursuit alors notre ascension vers le lac de la Muvrella en se suivant avec les jeunes coureurs et les autrichiennes. Un peu avant d'arriver les deux jeunes choisissent d'aller se baigner en contrebas dans des vasques fraiches. Ricardo se laisserait bien tenter. Mais il renonce finalement face à l'entrain du groupe.



On atteint enfin le lac de la Muvrella (1860m) où pausent 3 jeunes que l'on a aperçu au refuge précédent: ce sont les 3 nantais Brice, Maxime et Corentin. On tchatche un peu et on poursuit l’ascension jusqu'au Bocca di a Muvrella (2000m) et ce par une raide montée. Ça commence à tirer sur la machine, en plus les nuages et le froid montent, l'étape prend des allures de chemin de croix. Arrivés au col c'est le premier endroit où les gsm captent , on en profite pour donner des news à nos ptites familles. On ne s'éternise pas car on commence à avoir froid et on gagne rapidement le Bocca di Stagnu (2010m) lieu de poursuite de l'ancien GR qui auparavant squizzait la station d'Asco. On aperçoit alors le refuge en contrebas, mais la descente s'annonce rude. On fait donc une pause pour se ravitailler et l'aborder ainsi dans les meilleurs conditions.






La descente par un couloir assez raide va finir d'achever les organismes : elle est cassante et usante. On se scinde en deux groupes Gui et moi on descend devant et Ricardo et Dave suivent plus loin. Après le couloir c'est une descente à travers une forêt de pins larricio puis on arrive vers 18h00 à l'ancienne station de ski d'Asco. On est ruiné et lessivé. Dave et Ricardo nous suivent eux aussi assez marqués. On réserve des emplacements de tente et on rencontre pour la première fois l'équipe des profs d'EPS d'Amiens que Guimeuf connait: Hélène, Émilie, Guillaume, Benoit et Franck. Ils ont l'air au top à part Emilie qui a choppé la crève. Puis plus loin j'aperçois Mélanie, Hervé et leurs amis. Ce sont les parents de Louane qui est dans la classe de Lola à Saleux. Vinguette! ce soir à Asco il y a une invasion amiénoise!
On réserve le repas au restaurant, on a hâte de déguster, il y a trois ans cela avait été un festin! On en profite avant pour prendre une douche chaude...eh ben non! Coupure d'électricité, les ballons sont vides et du coup on se tape la douche la plus froide du GR. En me rinçant la tête j'avais l'impression d'avoir avalé une glace. En plus qui dit coupure de courant dit douche dans le noir : le top du top! On fait quand même une lessive même si on sait que nos fringues ne sècheront pas...


Une petite pinte de Pietra en apéro, puis c'est soupe,crudités thon œufs durs, poulet basquaise/riz, fromage ou dessert. La dessus un petit patrimonio, une serveuse super agréable: que demander de plus. On dine avec les nantais avec qui on sympathise , on se marre bien ce soir. A la sortie du resto, Ricardo et Dada vont se coucher, gui et moi on se prend une dernière bière en compagnie des 2 jeunes coureurs, des autrichiennes et de jeunes medecins. On tchache pas mal et du coup on décide de se prendre une dernière bière et la je vais commander, le patron me sert, je lui tend le billet et il me dit" Non c'est pour moi." Alors là, je reste sur le cul. C'est la cerise sur le gâteau! On balle nos bières et puis on va se coucher vers 23h00 (aie c'est un peu tard mais bon). Alors qu'on commence à s'endormir Guimeuf me demande si il a repris son portable qui chargeait dans le resto. Mort de rire: ben non! Et allez hop il se rhabille et retourne le chercher, vla l'épreuve!

S'achève aujourd'hui une journée qui a été longue et difficile, ce doublage d'étape est particulièrement costaud mais bon demain c'est rebelote on remet ça : doublage d'étape...  



Jour 3 : Ascu Stagnu-Tighjettu-Ciottulu à i Mori
D+ : 1680m         D- : 880m
Temps topo : 10h00
Temps (pauses comprises) : 11h30

Lever 4h20 et départ 5h30 : y a du laisser aller ce matin à moins que ce ne soit le coucher tardif...Bref on démarre quand même à la fraiche et plutôt cool. La journée d'hier a fait mal et ça se sent. Dès les premiers hectomètres on a le soleil qui se lève dans notre dos:






S'en suit une longue montée vers le Lac d'Altore (1930m) ou le paysage de pierres rougeâtres et d'aulnes verts allié à la luminosité matinal nous offre un beau spectacle.




Depuis notre départ on se fait doubler par pas mal de randonneurs et arrivés au pied du névé qui permet d'accéder à l'entrée du Cirque de la solitude on n'a pas bien vu par où étaient passés ces derniers : le névé ou bien l'escalade par la roche? Du coup on attaque le névé qui est quand même bien pentu et verglacé. Dave ouvre la marche avec Guimeuf et je leur emboite le pas, quand à Ricardo il attaque sur notre gauche. Dave en habitué, assure chaque pas dans la neige en formant de petites marches et en recherchant l'accroche. C'est pas que c'est très dangereux mais si tu glisses tu te retrouves à coup sûr en bas. Finalement on atteint le col perdu ou Bocca Tumasginesca (2183m) à 8h00.





Bon c'est pas tout mais va falloir descendre dans le gouffre et si nos souvenirs sont bons le début de la descente est assez engagé avec pas mal de chaines et de désescalade. Guimeuf et Dave descendent les premiers , puis c'est à mon tour et enfin Ricardo qui ne semble pas très à l'aise sur ce type de terrain. A la première chaine où il faut descendre dos à la pente et en position type rappel, notre Ricardo ne le sent pas car ils n'a pas d'appuis. Et il essaye alors de descendre face à la pente! Mais cette technique est trop dangereuse car comme le dit le dicton préféré de Dave : " si tu chutes, tu tombes et  si tu tombes c'est la tombe..." Bref chacun essaye de lui donner des conseils pour franchir cette mauvaise passe qu'il réussira finalement à descendre.
Dans le même temps on se fait doubler par deux randonneuses plutôt équipées light qui semblent courir dans le cirque...En fait ce sont deux montagnardes aguerries de Grenoble dont l'une est accompagnatrice montagne, ceci expliquant cela. N'empêche que ça impressionne quand même! Finalement on atteint le fond du cirque vers 9h00.







Il nous reste plus qu'à remonter par l'échelle tout d'abord puis les quelques chaines qui jalonnent le parcours jusqu'à la sortie. Arrivés en haut la satisfaction se lit sur les visages et pour reprendre des forces Dave et Ricardo nous préparent sur le pouce des sandwichs qui sont les bienvenus. A ce moment là, on voit un type qui sort du cirque, qui ne s'arrête pas, pose son sac un peu plus loin, escalade un peu au dessus de nous et s'assoit au bord du vide..bon chacun son délire mais lui il a l'air en mission (note pour la suite).


    






Il est temps alors de redescendre sur le refuge de Tighjettu, la descente est un peu rude mais elle se fait rapidement. Arrivés au refuge on se prend un coca on se pose un peu. Pendant ce temps l'orage gronde autour de nous et ça s'obscurcit sévèrement... Les profs d'EPS d'Amiens arrivent à leur tour et s'installent pour manger. Nous on décide de descendre plus bas à 20 mn aux bergeries de Ballone où on avait gardé un bon souvenir niveau bouffe. On se serait bien baigné dans une des piscines qui bordent le sentier mais le temps nous invite à ne pas trop nous attarder si on veut rejoindre Ciottulu .



Une fois aux bergeries c'est repas time avec des sandwichs mixtes saucisson fromage et pour certain c'est omelette!
On retrouve les coureurs de descente qui pausent aussi avant de continuer.


Le temps n'est vraiment pas rassurant et nous sommes maintenant entourés par les orages. La bande des profs de sport partent avant nous et au moment de quitter le refuge à notre tour un type assis sur une chaise nous met en garde et nous avertit de la conduite à tenir face à la foudre : jeter ses bâtons au sol ( car ils sont conducteurs) et ne pas rester sous un arbre...Il nous rencarde aussi sur la montée sur Bocca di Fuciale qui par temps de pluie s'avère être dangereuse car les dalles y sont très glissantes...
Bref nous quittons Ballone affublés de nos ponchos et l'esprit peu rassuré par l'ambiance pesante de la situation. Nous empruntons alors une chemin relativement plat qui suit une courbe de niveau à travers la forêt. Nous croisons alors un groupe avec un guide qui nous met de nouveau en garde sur le fait que de tenter de rejoindre Ciottulu c'est s'exposer à des risques car sur les crêtes " ça frappe! " (dixit le guide). Qu'à cela ne tienne, nous poursuivons notre chemin. Nous sommes un peu devant avec Gui quand tout à coup la pluie redouble et le tonnerre gronde. Et là , la foudre s'abat devant nous à quelques dizaines de mètres. La flippe totale , on laisse les bâtons et on s'immobilise. Le sentiment à ce moment là est difficile à décrire : on se sent tout petit... On finit par reprendre la marche et nous rejoignons la bande des profs qui eux aussi s'étaient arrêtés. Nous gagnons ensemble le pied de Paglia Orba  et la pluie continue toujours de tomber. Sur place un groupe ( ou plutôt un demi groupe) attend depuis un bon moment, sous une tente de fortune, l'arrivée de l'autre moitié accompagnée de leur guide. A leur arrivée le guide nous raconte qu'ils ont mis du temps car la pluie a fait gonflé le torrent et qu'il a du assuré chaque personne pour traverser. A ce moment là, on se demande si il ne vaut pas mieux retourner aux bergeries mais le temps semble se calmer et on décide tous de continuer. Une raide montée nous attend alors pour gagner Bocca di Fuciale et ses 1962m mais la pluie a cessé.





Les parois ont preque séché ce qui nous permet de grimper aisément, la traversée du torrent ( qui avait largement décru) se fait tranquillement. C'est seul enfin que je gagne le col laissant mes compagnons derrière moi. La montée s'est bien faite et je pense alors être quasiment arrivé. J'avais complètement oublié qu'il restait encore une légère pente à grimper avant de basculer sur l'autre versant et gagner le refuge de Ciottulu di i Mori. Dès mon arrivée je réserve l'emplacement pour la tente et commande les 4 repas...Le gardien a changé depuis la dernière fois mais celui-ci est toujours aussi rustre. Il me dit qu'il en est déjà à 2 services et que si il lui reste du rab il en fera un autre pour nous... Gui arrive à son tour  et on a installé le bivouac au même endroit qu'il y a 3 ans avec cette vue toujours aussi magnifique qui fait de ce refuge l'un des plus beaux du GR. Dave et Ricardo arriveront peu de temps après et installerons leur bivouac à l'autre bout des emplacements.



Le refuge est bondé car avec l'orage bon nombre de personnes est resté sur place. Après une bonne douche et une bonne Pietra nous graillons vers 20h , car il reste du rab!! Au menu: soupe, pâtes, fromage. La journée a été longue et fatigante. Demain nous n'avons qu'une longue étape mais moins de D+ donc cela devrait soulager les organismes. On se couche vers 21h.



Jour 4 : Ciottulu à i Mori - Vergio
D+ : 0m         D- : 587m
Temps topo : 2h20
Temps (pauses comprises) : 6h00

Lever 4h00 et là au moment de d'enfiler mon pantalon dans la tente je sens une vive douleur dans le dos...Je finis tant bien que mal de m'habiller et je pars réveiller Ricardo et Dave. Au bout de 10m je fais demi-tour car impossible de marcher tellement la douleur est vive. Ça craint pour l'étape du jour et ça craint pour la suite du GR... On tchatche pas mal au pti dej avec le groupe, je prends des médoc, je fais des étirements et vers 6h00 nous prenons le départ. Le poids du sac est allégé car les potes me délestent de 3 kilos. Mais la marche est difficile et toutes les 5mn je suis obligé de m’arrêter pour soulager et étirer le dos. Ça sent le calvaire...









Au bout d'une heure la pitié se lit dans les yeux de mes compagnons d'infortune et ils décident de m'alléger de la totalité de mon sac. Je repars donc sans charge et c'est tout le groupe qui ramasse avec ce poids en plus... On s'arrête à la jonction avec le Mare a Mare (nord) sur le pont qui nous fait franchir le Golu pour se reposer un peu. Là, le paysage est toujours aussi magnifique...

  


Nous rejoignons rapidement les bergeries d'E Radule où se trouvent pas mal de randonneurs ( les coureurs, le groupe de Caro...) L'endroit est accueillant et on se dit que cela peut-être un endroit de bivouac à privilégier au détriment de Ciottulu. On en profite pour se ravitailler et les gars sont motivés pour se baigner car de nombreuses vasques se trouvent aux abords des bergeries. C'est Ricardo qui est le plus motivé et malgré la température fraiche de l'eau, il n'hésite pas à y entrer. Ce sera plus dur pour Dave qui s'y reprendra à deux fois mais finalement les 3 profiteront d'un bon bain!

  




Rafraichis et requinqués nous repartons à travers la forêt de Valdu Nielu. Il commence à faire chaud et le poids des sacs se fait de + en + ressentir. Je marche toujours sur le même rythme avec les pauses toutes les 10mn pour décontracter le dos. A ce rythme je me retrouve devant avec Dave et derrière suivent Ricardo et Gui. Nous croisons un type qui monte vers les bergeries : il est sur son cheval, derrière suivent deux mules et trois chiens! Une drôle de caravane que Ricardo prendra en photo non sans déclencher l'énervement du type qui lui dira " Si tu prends la photo t'es mort!"( avec l'accent corse)...
Finalement nous arrivons vers 12h00 au col de Vergio. on s'assoit sur les bancs devant la supérette en attendant l'arrivée de Ricardo avec un sac de 1m50 de haut et Guimeuf : l'homme qui portait 2 sacs! Puis nous achetons de quoi se ravitailler: sandwich coppa/corsica/tomate, un classique! Là dessus, un orangina et une pietra et tout va bien!




Le dos toujours dans le rata nous confirmons notre décision de stopper à Vergio. Objectif : repos et soulagement. Dans cette perspective Dave, Gui et moi décidons de passer la nuit dans le gite afin de dormir sur un vrai matelas! Seul Ricardo plante sa tente pour une nuit en bivouac! Sur la porte des dortoirs on peut voir une affiche mettant en garde contre les renards. Elle est illustrée par le Chiper de Dora! A ce moment là , on n'y prête pas grande attention...


Tout le monde commence à arriver et le camping se remplit : on retrouve Mélanie et Hervé avec qui on tchatche. Arrive aussi une vieille connaissance, si si, celui qui à la sortie du cirque de la solitude était monté s'asseoir dans le vide. Eh bien là, il fait fort : à peine arriver, il plante sa tente et enchaine des séries de pompes et d'abdos... improbable. Bref, chacun son style! On profitera de l'après-midi et de la présence de l’hôtel pour prendre une douche chaude, faire une lessive et faire sécher notre linge. Le grand luxe messieurs dames! Les nantais arrivent à leur tour et j'en profite pour demander à Corentin
(qui est kiné) si il peut me conseiller pour mon dos. Il m'indique des étirements à pratiquer régulièrement et me donne des conseils pour le portage du sac pour le lendemain. Le soir arrive vite et après un apéro à la pietra nous prenons notre repas au resto de l’hôtel. Nous sommes assis avec les nantais. Au menu : noix de veau, pomme de terre/légumes + pietra 50cl. Richard est en grande forme et il nous fait un show : on est tous pété de rire. Cette bonne humeur nous ressource après cette difficile étape. Nous réglons nos repas et au moment de partir les 2 commerciaux que sont Dave et Ricardo tentent d'amadouer le patron de l’hôtel pour qu'il paye sa myrte. Malgré leur tchatche évidente et tout leur talent, ils ne réussiront pas à lui arracher la moindre goute enfin si mais on paiera la tournée...
On regagne le dortoir vers 22h00 où ça va ronfler toute la nuit à tour de rôle. Enfin d'autres passeront une nuit beaucoup plus agitée mais ça c'est une autre histoire...





Jour 5 : Castel de Vergio - Manganu
D+ : 643m         D- : 450m
Temps topo : 5h40
Temps (pauses comprises) : 6h00

Lever 5h30 : ça récupère. Les ronflements de la nuit  ont été incessant et chacun dira que c'est l' autre qui ronfle. En effet tu entends ronfler quand tu es réveillé mais quand tu dors tu ne t'entends pas.. N'empêche que Gui et Dave ont sacrément ronflé, en même temps Dave a un passif de ronfleur dont la cabane des parisiens se souvient encore. Alors si nous avons pu dormir relativement tranquille ce n'est pas du tout le cas de Ricardo et des autres campeurs qui ont subi une véritable attaque en règle de la part des renards du coin. Ces derniers ont carrément visité les tentes à la recherche de nourriture. Ils ont même découpé une tente pour y entrer. C'est la tente des marseillais, qui n'arrivant pas à les faire fuir, ont commencé à chercher sur leur portable et sur le net la bonne méthode pour repousser les renards. Au final, le frangin "avé" l'accent n'a trouvé d'autres solutions que de les insulter. ainsi les campeurs de cette nuit là ont pu entendre des trucs du genre : "Nique ta mère le renard!".
Le mal de dos semble moins important ce matin et les potes me délestent quand même d'1kg chacun. On déjeune tranquillement, j'avale des anti inflammatoires, quelques étirements plus tard nous décollons direction l'endroit de notre séparation : les bergeries de Vaccaghja. En effet, la veille vu la journée que nous venons de perdre, Dave et Ricardo ont choisi de bifurquer vers Corte pour être sûr d'être au taf le lundi matin. Nous partons le long d'un sentier de ronde à travers la forêt. Nous sommes de bonne humeur et nous balançons quelques hit du carnaval de Dunkerque tout en marchant.





Nous arrivons à Bocca San Petru (1452m) et ses fameux arbres couchés par le vent. Les paysages sont toujours aussi impressionnants. Le dos ne me fait quasiment plus souffrir et nous montons sur un bon rythme surtout Ricardo qui lâche les chevaux. Très vite nous gagnons le Bocca a Reta (1883m) par le chemin muletier et on peut apercevoir par moment le littoral au loin.






A partir du bocca a Reta, ils nous reste quelques centaines de mètres pour découvrir le lac de Nino. Et là, on est tous scotché : la vue sur le lac est magnifique , on s’assoit pour la contempler , plus personne ne parle, seul les yeux en disent long sur ce qu'il nous est donné de voir. No comment. On descend ensuite vers la fontaine du lac de Nino qui se trouve en contrebas. On en profite pour grailler un peu et recharger les gourdes d'eau fraiche. Plus bas près du lac il y a pas mal de chevaux qui viennent paitre l'herbe fraiche. Ricardo ne peut s'empêcher d'aller à leur rencontre et de leur donner un truc à becter. Les chevaux vont alors le suivre jusqu'au camp de base et nous réclamer de la bouffe...merci Ricardo pour tes bons plans "l'ami des bêtes".


 





On repart ensuite pour notre dernière heure de trek au complet. On chemine parmi les pozzines et comme c'est relativement plat on peut vraiment profiter des paysages. Dave émet alors l'idée de continuer le GR avec nous et en discute avec Guimeuf. Le facteur X c'est Ricardo et on profite d'un arrêt le long d'un ruisseau pour  le travailler au corps. Malgré l’insistance de chacun, Ricardo refusera le plan mis en place par son Dada. Il en profitera quand même pour se baigner à oilpé dans les vasques du ruisseau.









Nous arrivons finalement aux bergeries de Vaccaghja. Nous partageons le verre et le fromage (de la bergerie) de l'amitié car Vaccaghja c'est le lieu de notre séparation. On demande à deux profs de nous prendre en photo dans ce décor de dingue. Dave et Ricardo vont partir vers le refuge de Sega et il leur reste encore 4h00 de marche et nous, Gui et moi, regagnons le refuge de Manganu que l'on peut apercevoir des bergeries.  Je pense que chacun aurait souhaité bouclé ce GR ensemble mais c'est parti remise: pourquoi pas pour un troisième opus. On se quitte en s'embrassant, conscient que c'est la fin d'une belle aventure. 







Nous poursuivons alors à 2 avec Guimeuf: en amoureux! On arrive rapidement au refuge de Manganu où on plante la tente. Il n'y a pas grand monde et on a le choix des emplacements. On se prépare des lyophilisés : spaghettis bolo et hachis parmentier de chez Aptonia, pas dégueux. Dans le même temps arrive Mélanie et Hervé ainsi que les marseillais attaqués par les renards. Le sujet de conversation tourne autour de ces derniers puisque également à Manganu les renards sont les auteurs d'attaque de tente. Du coup le gardien du refuge propose à ceux du bivouac de laisser leur bouffe à l'intérieur pour la nuit. Je me souviens qu'il y a 3 ans un renard était venu déranger Rico et Gui pendant la nuit. Mais d'ici là il nous reste une après-midi à passer. Au programme c'est sieste et baignade dans les vasques. Pendant la sieste de Gui j'en profite pour dessiner. A son réveil, il est l'heure de la pietra que nous partageons avec nos compères nantais , arrivés un peu plus tôt dans l'après-midi. Puis c'est le repas : soupe, pâtes sauces tomates et fruit. On se couche vers 20h30 conscient que demain nous attend une longue journée.









Jour 6 : Manganu - Pietra Piana - Onda
D+ : 1320m         D- : 1492m
Temps topo : 10h00
Temps (pauses comprises) : 8h30



Lever 4h20 et Départ 5h05. Les automatismes sont bien rodés et on ne perd plus de temps. L'étape commence par la montée vers le point culminant du GR20 : la brèche de Capitello. Nous sommes les premiers à monter et après avoir franchi une première barre rocheuse nous arrivons sur un petit plateau de pozzines où certains randonneurs ont planté la tente. Le soleil n'est pas encore levé et c'est à la frontale que nous progressons. 


 




Nous franchissons finalement la brèche au terme d'une rude montée mi-grosses caillasses, mi-névé. Nous avons mis 1h40 depuis Manganu. Au moment de basculer le soleil nous éblouis car il se lève du côté des lacs. Cette luminosité a quelque chose de magique. L'endroit est improbable, on se retrouve seuls au sommet du GR20 avec des contrastes étonnants. On se pose un peu histoire de ravitailler et de profiter de l'instant particulier qui s'offre à nous.







 

 

Ensuite c'est de la descente un peu technique : d'abord on franchit le névé au sortir de la brèche, puis c'est le fameux passage de la chaine où chacun aime taper des poses. Ensuite on continue jusqu'à une intersection pour rejoindre les lacs. On découvre entièrement maintenant le lac de Capitello. Bientôt ce sera au tour du lac de Melo puis à celui de Rinoso. Quel enchainement! C'est sans doute l'une des plus belles étapes du GR20 par la beauté des paysages.










 

 


On ne croise pas grand monde de si bon matin et avec Gui on décide de compter le nombre de personnes que l'on peut rencontrer sur une étape. On croise les premiers randonneurs après Bocca a Soglia. On longe un peu la courbe de niveau à travers les aulnes et on attaque une petite mais raide montée vers le col de Rinoso. Et là les randonneurs se font plus nombreux mais alors que l'on en compte une dizaine, un groupe entier de scouts va venir perturber le comptage. On en croise une quinzaine puis des attardés et encore des attardés, des esseulés, bref on décide de suspendre notre petit test. On finit par joindre à travers les névés, toujours présents à cet endroit, le col de la Muzzela et ses 2210m.





 



A partir de Bocca Muzella c'est de la  descente jusqu'au refuge de Pietra Piana. On passe d'abord à travers des éboulis sur les pentes sud de la Maniccia puis on franchit l'arête pour basculer sur le versant est. De là on aperçoit en contrebas le refuge. La descente se fait à travers un ruisseau qui envahit les pentes et donc l'itinéraire du GR20. C'est assez peu commun de rencontrer autant d'eau puisqu'elle nous accompagnera jusqu'à l'arrivée au refuge. Au refuge, on arrive vers 9h45, on pause 45mn, au programme : déballage et remballage du sac, séchage d'affaires dont la tente au soleil et bien sûr ravitaillement. C'est Gui qui régale avec sandwich pain saucisson et un désormais traditionnel Orangina qui de toutes les boissons en vente est celle qui nous donne le sentiment de mieux nous désaltérer. On repart vers 10h30 après avoir rempli nos gourdes d'eau bien fraiche.



Nous voilà donc partis sur la variante des crêtes pour rejoindre le refuge de l'Onda qui marquera la fin de notre journée de marche. Il est encore tôt et aucun orage ne pointe son nez à l'horizon, cela nous rassure un peu puisque la météo semble la même depuis quelques jours : il fait beau le matin et l'après-midi ça se charge et des risques d'orages sont possibles. Le fait de prendre les crêtes nous exposent d'autant plus que la foudre a tendance à plus facilement s'abattre sur celles-ci. D'ailleurs au refuge de Pietra Piana, un gars, avec qui on discutait, nous a parlé de nouveaux cas de personnes soit électrisées soit foudroyées ces derniers jours sur le GR... Ça ne nous rassure pas, surtout après l'épisode de l'orage au sortir des bergeries de Ballone. Mais bon , là le temps est dégagé et c'est de bonne augure parce que les paysages sont, sur cette variante, assez saisissants.




 

 


Alors que l'on chemine  paisiblement sans trop d'efforts puisque les chemins sont plutôt tranquilles, on aperçoit avec surprise un matelas argenté qui est le même que celui que Ricardo avait perdu lors de la première étape. Comment a-t-il pu arriver ici?? Est-ce la malédiction du matelas argenté que tout possesseur est amené à perdre? Ou bien est-ce un abandon volontaire lors d'un orage pour éviter de prendre la foudre? Mystère.. Alors que l'on continue on est interpellé par ce drôle de cairn mi-pierre, mi-os. On se demande alors à qui peut bien appartenir ce rachis si étrangement érigé? Notre rencontre avec un troupeau de chèvres alors que l'on est a plus de 2000m nous donnera la réponse. Elles sont là paisiblement en train de ruminer et de prendre le bon air en attendant la fin de journée pour redescendre à la bergerie. Nous les quittons non sans les avoir observés un pti moment et nous amorçons alors la descente sur le refuge de l'Onda. Cette dernière descente de la journée, sous le Capu à a Meta qui va progressivement jusqu'au col de d'Orreccia, va nous ruiner les genoux. Une descente cassante qui use les organismes.










Une dernière descente et nous atteignons le terme de l'étape et par la même le terme de notre journée de marche... Pfiou! Mais quelle journée! On en a pris plein les yeux aujourdh'hui. Il n'est que 13h30 ce qui nous laisse du temps pour pour prendre notre temps. On plante la tente à un bon emplacement car à cette heure-ci on a le choix peu de monde est encore arrivé. Je vais payer le bivouac et réserver les repas. Arrivé dans le refuge il y a devant moi deux danois qui attendent pour également régler. Ils attendent que le gardien du refuge s'intéresse à eux. Car ce dernier est attablé avec une petite dizaine de corses. Finalement il leur demande ce qu'ils veulent mais les danois ne parlent qu'anglais. S'engage alors un dialogue de sourds lors duquel les corses ne vont faire aucun effort, certain prétextant même être bilingue.... Bref au bout d'un moment le berger les invite à le suivre dans sa pièce pour encaisser. Et là, même topo il leur pose une question en français que les danois ne comprennent pas. Voyant que la situation est au point mort, je traduis aux danois la question ce qui clos le débat...A mon tour, je règle et le gardien me donne un numéro de table: le 13 (note pour la suite). J'en profite pour acheter des spaghettis et de la sauce tomate pour notre repas du midi. Après le repas c'est douche tiède ( eh oui le soleil a chauffé l'eau dans les tuyaux toute la journée) puis sieste pour tout le monde.









Au réveil nos amis nantais sont arrivés et on profite de tchatcher ensemble parce que c'est sûrement la dernière fois où on se voit car il ne prévoient pas de doubler la prochaine étape alors que nous on prévoit de doubler toutes les étapes restantes. Puis c'est le soir et l'heure de la pietra que l'on déguste avec quelques cacahuètes. Il est alors 18h30 et bientôt l'heure du repas. Quand nous voyons arriver Hervé et Mélanie avec leurs amis. Ils en ont bavé aujourd'hui. On sait aussi que c'est la dernière fois qu'on les voit car eux aussi ne doubleront pas demain. Arrivent à leur tour deux types qui ne nous laissent pas indifférents. Un des mecs en arrivant s'assoit directement et semble ailleurs et complètement rincé. En fait ce sont un parisien et un angoumoisin qui ont fait la semaine dernière le festival de musique de Calvi ( chouilles tous les soirs) et qui pour le délire ont décidé de faire quelques étapes du GR20. C'est sûr c'est passer du coq à l'âne, mais bon c'est un choix stratégique. Le gardien sonne le début du diner et avec Gui on se dirige à l'intérieur où c'est blindé de monde. On arrive devant la table 13 qui comporte 4 places et la 3 sont prises. Je demande au gardien des explications et il arrive et engueule un vieux type qui a la jambe dans la rata à qui il avait dit soit disant qu'il pourrait prendre les places libres. Bref, voyant que ça parait compliqué on lui dit qu'on peut manger dehors et on se retrouve attablés avec nos festivaliers. Au menu c'est toujours pareil : soupe, lasagnes au Brocciu, fromage de la bergerie et pomme. Au moment de manger le fromage, avec Gui on se souvenait qu'il y a 3 ans on avait vu des vers qui se baladaient dessus. Chacun mange sa part avec le pain. Et Gui dit aux festivaliers qu'il y a des vers dans le fromage. Ils prennent ça pour de la foutaise et refuse de croire Gui. Ce dernier coupe un bout de son fromage et leur présente : au bout de quelques instants de petits vers blancs sortent du fromage.. En fait c'est une spécialité corse : le casgiu merzu d'origine sarde et qui veut dire le fromage pourri. Et la on pète de rire! Si vous aviez vu la tronche que les mecs tiraient, ils étaient dégoutés! Le repas se finit et le gardien nous paye une myrte pour notre arrangement pour l'histoire de la table et des réservations.
Il est 21h00 et  maintenant l'heure de se coucher et de dire au revoir à  ceux avec qui nous avons partagé quelques moments sur la première partie du GR. Une petite photo souvenir avec les nantais : Brice, Max et Coco...




Jour 7 : Onda - Vizzavona - E Capanelle
D+ : 1601m         D- : 1445m
Temps topo : 10h20
Temps (pauses comprises) : 9h00


Lever 4h30 à la frontale  et tout le monde dort encore. On se prépare un pti dej : thé, café, pain d'épices et barres de céréales. Il fait un peu frais ce matin et nous endurons nos vestes. Départ pour la Punta Muratellu et ses 2020m à 5h15. On sait que nous attends une rude montée puisque ce n'est pas moins de 700m de D+ à avaler : pas mal pour se mettre en jambe. On suit l'arête issue de la Punta Muratellu et scène improbable on tombe sur deux vaches qui ruminent couchées de part et d'autre du sentier.











Puis, comme ça en devient l'habitude avec nos départs très matinaux, on assiste à un nouveau lever de soleil et quel lever! On restera scotché pendant 5 bonnes minutes... D'ailleurs, on vente souvent les couchers de soleil mais moins les levers. Or ils sont tout aussi magnifiques et à apprécier sans modération pourvu qu'on se lève tôt! Avant de repartir, on tombe la veste car la température augmente avec l'effort et les premières gouttes de suée font leur apparition. Tout au long de cette montée on croisera plein de Digitales pourpres, ces fleurs plutôt roses que l'on trouve un peu partout sur le GR.










7h00 : ça y est! nous atteignons le col qui passe sous la Punta Muratellu. Ca va on a un bon rythme et on prend de l'avance sur le temps du topo. On pause un peu et on aperçoit le refuge de l'Onda en contrebas. On se souvient avec Gui qu'il y a 3 ans on en avait bien chié pour atteindre cet endroit. Et que la descente vers l'Onda avait été interminable alors que le visu pouvait laisser penser qu'on le gagnerait rapidement. Un peu d'eau, une barre et ça repart. On passe sur le versant sud de la Muratellu : on change de paysages.











On descend alors par de larges lacets à travers des barres rocheuses et je manque plusieurs fois de me casser la goule. Le sol est rendu glissant par les nombreuses coulées d'eau qui viennent alimenter le ruisseau de l'Agnone que l'on va longer jusqu'en bas. Le décor est agréable avec les nombreuses chutes d'eau qui bordent le sentier. On croise alors les premiers randonneurs dont un couple qui nous avouera avoir regretté le bivouac à la gare de Vizzavona. En effet, le fait d'être parqué dans un endroit réduit leur a cassé un peu le délire. Nous poursuivons notre route et arrivons à la passerelle de Turtettu. On y découvre de belles piscines naturelles qui appellent à la baignade.














A partir de ce moment là, nous descendons à l'abri du soleil à travers la forêt. On longe alors une succession de cascades jusqu’au lieu dit des cascades des Anglais. On ne continuera pas alors le GR par son itinéraire normal. Après réflexion et conseils d'autres randonneurs, on décide de prendre la variante pour le col de Vizzavona. Avant la passerelle on tourne donc à droite où on chemine le long d'un grand parc d'accrobranches. On arrive au col à 10h00 et on trouve un bar/resto qui fait des sandwichs. On s'en prend un chacun avec Gui et bien sûr un Orangina ( on va finir par se faire sponsoriser). Le col marque la fin du GR20 nord et le début du GR20 sud qui constitue pour nous une première. J'ai hâte de découvrir les paysages du sud et ses sentiers soit disant plus faciles...







On quitte focce de Vizzavona et on jardine un peu pour trouver le sentier qui permet de rejoindre Bocca Palmente. On descend le long de la route mais les marques et les sentiers qui partent ne semblent pas correspondre au topo. Gui décide de demander à la nana de l’accrobranche qui nous indique le sentier de la femme perdue qui s'avèrera se trouver sous le resto/bar dans lequel nous avions pausé. Le sentier se transforme rapidement en piste forestière alors que  le soleil commence à cogner. Et rebelote! on jardine de nouveau, faut dire on doit suivre un point jaune et non plus les très voyantes marques blanche et rouge du GR. Du coup on ne s'étonne pas du nom du sentier : de nombreuses personnes ont du s'y perdre... En plus, on ne croise personne pour nous aiguiller. Heureusement qu'on a le topo et qu'on peut essayer de se situer sur la carte. D'ailleurs cela nous sauvera de l'égarement, on tente un pari en prenant une sente qui monte sur la droite. On croit la localiser en comparant la carte du topo et ce qu'on peut voir en réel. Là au cours d'une rude montée nous allons faire une belle rencontre. Un couple de corses de 76 ans qui redescend du col. Ils nous avouent que c'est leur première sortie depuis l'opération du cœur qu'à subi le mari. On leur demande pour l'itinéraire et ils nous confirme que nous sommes sur le bon chemin, ce qui nous rassure. On tchatche du GR20 , ils nous congratulent et nous souhaitent bonne route jusqu'à Conca. On les salue conscients d'avoir partagé un moment particulier. 






On double un groupe d'ados qui monte de Vizzavona avec leur guide juste avant d'atteindre la fontaine de Palmente qui se trouve à gauche parmi les aulnes. De là jaillit une source où l'eau est très fraiche. On remplit les camelbag et on en profite pour se désaltérer car mine de rien la chaleur a fait son apparition. On gagne ensuite rapidement le Bocca Palmente et ses 1640m. On continue en empruntant un chemin de ronde très roulant qui nous permet de taper un peu. On poursuit donc sur un bon rythme. On passe devant les bergeries d'Alzeta qui sont vides. Elles demeurent quand même ouvertes et peuvent servir d'abri au cas où le temps serait menaçant. On y trouve également une source.




Alors qu'on avance bien dans cette étape, puisque c'est assez roulant, on croise deux belges à 1h00 du refuge. Ils nous rassurent sur la fin d'étape en nous précisant qu'il ne reste plus que de la descente jusqu'au refuge d'E Capanelle. On se dit cool et on déroule tranquille. Quand tout à coup on emprunte un sentier qui part sur la droite. En fait d'un sentier c'est une rude de montée! Ils nous ont bien pipeauté les types une fois. Arrivé en haut à la crête de Ciufidu (1600m) on souffle un peu et on admire le paysage remarquable.








Le temps est couvert et on craint les orages. On arrive finalement au refuge d'E Capanelle vers 14h15 un peu fatigués par le doublage d'étape. Première motivation on se commande en terrasse une pietra. On est assis à côté du type qui nous avez piqué notre place au refuge de l'Onda. Il a une énorme genouillère et s'est fait rapatrié par une voiture jusqu'à ce refuge. Il nous raconte tous les détails : son rapatriement depuis l'Onda, le médecin à Vizzavona et le taxi jusqu'ici. Bref on passe du temps vu que le type est parisien! Bref, une heure plus tard on décide d'installer la tente et là on se rend compte que les places autour du refuge sont peu nombreuses. Finalement on s'installe à l'arrache le long d'autres tentes non loin du refuge. J'en profite pour bouffer un lyophilisé pendant que Gui prend sa douche. En faisant chauffer mon eau je sympathise avec un groupe de femmes suisses. L'une d'entre elles me conseille de rentrer dans le gite par une porte dérobée à l'arrière afin de pouvoir prendre une douche chaude et propre. En effet l'état des douches du bivouac est plus que limite au niveau hygiène. Mon lyo avalé, j'écoute son conseil et me dissimule ni vu ni connu dans les fameuses douches : pas un chat...Putain je me tape une de ces douches chaudes, un grand moment de bonheur! Après la lessive, l'accrochage du linge et le traditionnel apéro nous passons à table. A table nous sommes avec les suissesses et les danois rencontrés la veille à l'Onda. Au menu c'est purée de châtaigne( les danois n'ont pas kiffé) et purée de pommes de terre avec de la viande en sauce, fromage et dessert. Ce soir on se couche tôt vers 20h30 conscients que demain est une longue journée...






Jour 8 : E Capanelle - Prati - Usciolu
D+ : 1587m         D- : 1337m
Temps topo : 11h55
Temps (pauses comprises) : 10h10



Lever 4h10 et départ à la frontale à 5h00. On quitte la station par la route puis on emprunte un sentier qui passe près des bergeries d'E Traghjette, puis c'est une descente le long d'un ruisseau à travers la forêt. En bas, on passe sur le pont d'E Casaccie, on longe un peu la route et on rejoint un chemin de ronde qui nous permet de nouveau d'apprécier le lever du soleil. Ce qui est marquant c'est le changement de couleur et de luminosité du soleil au fur et à mesure que celui-ci grimpe dans le ciel : on passe d'un rouge orangé mat à un orange vif et éblouissant. On traverse plusieurs ruisseaux qui coupent le GR et on rencontre ici une végétation plus présente que dans le nord (plus minéral). On atteint le plateau du Ghjalgone et dans la descente qui suit Gui se plaint de la cheville. On décide alors de pauser pour qu'il puisse prendre des anti-inflammatoires. Dans le même temps on se fait doubler par un groupe de 3 types qui semblent marcher d'un bon pas. On les dépasse de nouveau, alors qu'ils font une pause petit déj, juste avant de parvenir à la passerelle du Marmanu.













Après la passerelle, on continue de descendre par un chemin roulant sous les sapins et les hêtres : le début d'étape est plutôt facile. Arrivés à un parking on bifurque à gauche pour joindre Bocca di Verde. C'est à cet endroit que les profs de sport d'Amiens ont passé la nuit. Gui les avait contacté hier pour savoir où ils en étaient. Si tous se passe bien, on devrait les rejoindre ce soir à Usciolu.



A partir du col de Verde (1289m), on se méfie car le topo guide annonce une rude montée pour gagner le Bocca di Oru (1840m). Or à chaque fois qu'était spécifié une "rude" montée on savait qu'on allait en baver. Et pas manqué, on emprunte une piste forestière puis d'un seul coup on grimpe quasi pleine pente, heureusement qu'on a les bâtons. A ce moment là, on se fait de nouveau doubler par les 3 types que l'on baptisera après coup les avions. En effet ils nous doublent en injection alors qu'on est déjà sur un bon rythme! ils prennent des relais où celui qui est devant impose une sacrée cadence. On sort alors de la forêt et croyant en avoir fini avec la rude montée on se rend compte que celle-ci n'était pas encore passée car elle se pointe devant nous. Chacun monte à son rythme dans ce décor à terrain découvert avec le soleil qui tape. Arrivé en haut j'attends Guimeuf qui arrive à son tour. Waouh! on a sué sévèrement sur cette montée. Elle casse les petites pattes arrières comme on dit chez nous. On pose 5mn car le refuge de Prati n'est pas loin : une quinzaine de minutes tout au plus.













On repart et on traverse le plateau de Foci di Prati où on peut remarquer que quelques barbecues ont eu lieu  comme en témoigne la photo ci-dessous. En fait ce sont des impacts de foudre qui ont brulé la végétation...







Arrivés à Prati à 10h20, on investit une table juste à côté de celle occupé par nos 3 avions de chasse. On fait connaissance et on apprend alors que dans le groupe il y a un avocat (Olivier), un prof d'EPS( )et un professeur des écoles(Patrick) : drôle de coïncidence. Ils sont originaires d'Arras donc du nord comme nous. On en profite pour faire sécher la tente, pour prendre un lyophilisé et notre petit orangina! On recharge les camel d'eau fraiche et à 11h20 on décolle pour la seconde étape de la journée à destination du refuge d'Usciolu. La gardienne du refuge met les avions en garde sur le risque d'orage prévu en début d'après midi. Elle leur dit que il y a quelques jours des randonneurs ont feint ses mises en garde et se sont fait électrisés car le parcours qui suit est en crête donc exposé. On décide quand même de partir car pour l'instant seul des nuages d'altitude viennent obscurcir le paysage.




On part par une rude montée pour rejoindre l'arrête faîtière que l'on va longer ensuite. On se fait doubler par les avions dès les premiers mètres de la pente et ils prennent vite le large et on se dit à ce moment là qu'on ne les reverra qu'au refuge. On atteint enfin la Punta Capella et ses 2041m. Commence ici l'itinéraire en crête. Nous passons alors à côté d'un gros rocher qui est le refuge d'une colonie entière de choucas. Est-ce alors un signe des oiseaux de mauvaise augure? Plus loin, on peut encore apercevoir les avions emmenés par Olivier qui tape comme un dingue et du coup derrière untel est obligé de courir pour rattraper le duo de tête. Nous on n'est pas rassuré car l'orage monte et on entend gronder le tonnerre. Il va falloir réagir si on ne veut pas être pris par l'orage. On décide alors de taper avec Gui tant est si bien qu'au bout de 10mn on revient sur les avions de chasse. On se pose tous ensemble pour parler de la situation préoccupante et analyser un peu le topo. Eux décident de pauser plus longtemps alors que nous prenons avec Gui la décision de continuer. Très vite nous atteignons le Bocca di Laparo (1525m).











La suite du parcours est assez chaotique en effet ce sont des montagnes russes : des petites montées raides suivies de petites descentes raides ce qui tape dans les réserves. Je transpire comme jamais, je ne sais pas si c'est le fait qu'il fasse lourd ou bien si c'est le fait qu'on soit étouffé par la forêt, bref en tous les cas on souffre de la difficulté. Et nous n'avons encore rien vu. Car au moment de quitter la forêt, nous amorçons une rude montée en lacets pour atteindre l'arrête faîtière au col de Punta Mozza (1800m). C'est dans cette montée que les avions nous doublent de nouveau. Dans le même temps les orages semblent avoir choisi de ne pas nous importuner et le mauvais temps se calme. Voilà une bonne nouvelle. La fin de l'étape nous parait interminable on continue de monter en passant de part et d'autre des crêtes. On gagne enfin le Bocca di a Furmicula où avec Gui on se pose 5mn histoire de récup' un peu et de se prendre en photo. Juste avant, on croise des chevaux en liberté : improbable rencontre à 2000m d'altitude.






Au terme d'une dernière descente nous rejoignons enfin le refuge d'Usciolu qui semble bien bondé en plein milieu d'après-midi. Il est 15h15 et nous avons mis quasiment 2h de moins que sur le topo...Les avions sont là : on tchatche un peu. Caro et les Cléments sont également présents, on ne les avait pas vu depuis Ciottulu. Gui descend rejoindre les profs d'Amiens qui ont planté leur tente en contrebas. Car la particularité du bivouac autour du refuge c'est que les emplacements sont étagés. Le terrain pour y accéder est fort escarpé ce qui en tong peut s'avérer dangereux. Gui trouve un emplacement non loin des amiénois. Pendant ce temps j'attends dans le refuge car la pluie s'est invitée et ça mouille sévère. Une fois la pluie calmée c'est l'heure du repas qui est servi très tôt : c'est un plat unique que tu vas chercher dans une annexe au refuge qui sert de supérette. On y trouve de tout niveau bouffe, même des chaussures au cas où les tiennes sont mortes. Le plat c'est une bonne plâtrée de pâtes sauce tomates : ça fait du bien. Ensuite on descend installer la tente et prendre le café avec les profs d'Amiens. Le gardien du refuge passe pour ramasser les plaquettes de bois que tu dois suspendre à ta tente. Si tu essayes d’esquiver de payer le bivouac et qu'il ne trouve pas de plaquette à ton emplacement il te prend une chaussure. A toi d'aller la récupérer pour payer ton emplacement : c'est une sorte d'assurance corse! Voilà 21h00 qui arrive et c'est l'heure de se coucher. Demain de nouveau une longue journée nous attend et on donne rendez-vous à tout le monde à Asinau...





Jour 9 : Usciolu - Asinau
D+ : 845m         D- : 1065m
Temps topo : 8h00
Temps (pauses comprises) : 6h30


Lever 4h00 et départ 5h05 : à ce niveau là c'est de l'horlogerie suisse. Nous quittons le refuge à la frontale par une courte montée qui nous permet de rejoindre l'arrête faîtière. A partir de cet endroit nous allons suivre cette arrête jusqu'à la Punta Di a Scadatta en franchissant de nombreux blocs de pierre qui demandent souvent de mettre les mains. Au détour d'un passage, je lève deux sangliers qui avaient sûrement passés la nuit sur les hauteurs. Ils leur faudra à peine 30 secondes pour dévaler la pente à travers maquis et rochers et disparaitre en contrebas. L'arrête que nous parcourons est appelée l'arrête des statues  en raison des nombreux rochers aux formes étranges.












Au bout d'une heure nous gagnons la Punta Sacdatta et après avoir contourné quelques pointes rocheuses nous atteignons une brèche appelée Petra di Leva. Le soleil est maintenant levé et nous basculons dans un tout autre paysage puisque nous traversons une forêt de hêtres nains. Dans la descente nous entendons en contrebas des mugissements répétés. On ne sait pas qui en sont les auteurs mais on va vite être renseignés car nous croisons un groupe de randonneurs. Ils nous mettent en garde sur la présence de 2 taureaux très énervés au niveau du Bocca de l'Agnone. C'est peu rassurés que nous continuons notre chemin et j'entends alors le groupe qui explose de rire dans notre dos. Je me demande bien si ils ne se foutent pas de nous... En fait après coup je me rend compte que la cause de leur fou rire devait être sûrement mon tee-shirt de couleur rouge. Bref la situation semble comique.  Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce moment là à Rico et ses histoires de taureaux. Nous parvenons enfin au Bocca di Agnone et effectivement 2 taureaux trônent au milieu du col l'air passablement énervé. L'un des deux retourne la terre et la jette en l'air pendant que l'autre continue de meugler. Avec Gui on observe le terrain et le moindre promontoire au cas où mon tee-shirt les énerverait trop. Cet endroit est aussi le lieu du nouveau tracé du GR qui fait halte au refuge de Matalza. Mais nous continuons notre chemin par l'ancien GR en contournant calmement les 2 bêtes.







Après avoir suivi une piste forestière nous débouchons sur le plateau du Cuscionu qui nous parait immense avec une une végétation verdoyante. On descend légèrement et le sentier traverse un maquis dense qui laisse peut de place pour marcher. Du coup tu as le droit à un gommage gratuit des mollets. On parvient ensuite à un petit ruisseau que l'on franchit et c'est de nouveau l'univers de magnifiques pozzines. La descente se poursuit et nous atteignons le ruisseau de Furchincesu que nous traversons par une passerelle suspendue.











Un peu plus loin, juste au dessus des ruines de l'ancien refuge I Pedineddi (1623m) nous décidons de faire une pause car la suite c'est l'ascension de l'Alcudina (2134m) qui est le point culminant du sud de la Corse. On recharge les batteries et on croise un couple qui vient d'Asinau et qui rencarde sur le temps restant qu'ils évaluent à 2h00...alors que le topo indique 3h45. Bref, on verra. Un barre, un resserrage de lacets et nous reprenons le chemin. Dès les premières pentes nous sommes doublés par Lucky Luke ( sobriquet donné par la bande des avions à un type en raison de son chapeau de cow-boy). Il nous laisse sur place : son rythme est impressionnant mais il est seul... Alors que l'on monte sur un bon rythme Gui décroche un peu : la raison c'est qu'il a les hanches qui sifflent. Ça lui tire dessus et peu avant la Punta di Vali Tremuli on décide d'alléger son sac, je lui prend quelques affaires.





Nous voici enfin au sommet de l'Alcudina. Le panorama est grandiose avec pour toile de fond les aiguilles de Bavella. On pause quelques instants histoire de profiter un max car la descente qui nous attend semble longue et escarpée. Elle est catégorisée par le topo comme étant une "raide pente"... Petite photo souvenir sous la croix : on n'est pas là pour rigoler vu nos tronches!. Effectivement la descente sur le refuge d'Asinau est des plus casse-pattes : sans doute la plus cassante de toutes. J'ai les genoux qui ramassent et le tendon d'Achille droit qui siffle. C'est assez difficile et par endroit dangereux. Finalement nous arrivons au refuge d'Asinau à 11h35.






Nous nous préparons un lyophilisé et nous plantons la tente quasi sous le refuge. Les rituels d'après étape sont toujours les mêmes : on se douche, la lessive puis accrochage du linge. Arrivent à tour de rôle: les avions d'Arras et les profs d'EPS d'Amiens. L'après-midi c'est l'heure de la sieste et avec Gui on se couche décidés à récupérer en vue de la dernière étape du lendemain. Mais malheureusement le temps va perturber ce moment de récup'. En effet alors que le tonnerre grondait depuis un moment, la pluie commence à s'abattre sur le refuge. Ce qui est gênant c'est l'intensité de l'orage. L'eau finit par passer sous la tente et avec les contacts sur la toile elle commence à entrer. Si moi ça m'a ruiné la sieste on peut pas en dire autant de Gui qui ronfle de plus belle. La fin de journée sera passée autour de la table du refuge à discuter avec les potos  Greg, Olivier et Patrick : les avions et les profs d'EPS amiénois : Émilie, Hélène, Franck, Guillaume, et Benoit. On passe un bon moment car c'est ça aussi le GR20 c'est l'aventure humaine et le partage tout ça bien sûr autour d'une incontournable Pietra. Puis vient l'heure du repas. On est attablé avec deux parisiennes et un type fort discret. Au menu : charcuterie corse, lentilles aux figatelli (on en reprendra 3 fois devant la mine médusée de nos convives), fromage et compote. On sort de table un peu lourd avec le sentiment d'avoir trop bouffé...On salue tout le monde et on va se coucher. La frontale est nécessaire pour parvenir aux toilettes. Tu dois slalomer entre les tentes plantées sur une succession de petites terrasses. Alors que rouleau de PQ à la main je regagne la tente tant bien que mal, Guillaume qui est en contrehaut me siffle pour que je lui donne mon PQ. Il ne semble pas serein et très pressé. En fait il est atteint d'une petite diarrhée. Il n'arrive même pas à atteindre les WC et n'a d'autres solutions que de faire au milieu des tentes...C'est bien la peine de m'offrir un livre qui te dit "Comment chier dans les bois?" et de se soulager sans aucun respect. Finalement c'est le ventre ballonné que nous nous couchons vers 21h00, conscients que demain sera notre dernière journée sur le GR...






Jour 10 : Asinau - I Paliri - Conca
D+ : 590m         D- : 1873m
Temps topo : 12h00
Temps (pauses comprises) : 10h30


Lever 4h00, départ 5h05. pour une fois nous ne sommes pas les premiers à quitter le refuge car un groupe de jeunes (comprenez qu'ils ont un vingtaine d'années) nous devance et partent 1/4 d'heure avant nous. On les aperçoit ou plutôt on aperçoit leurs frontales dans la nuit. Mais ils semblent s'être perdus et reviennent vers le chalet. En fait ils jardinent grave pour trouver le bon itinéraire. Nous les rattrapons vite et descendons jusqu’au ruisseau d'Asinau où nous passons sur la rive gauche en suivant les courbes de niveau. Au bout d'une heure nous voyons le panneau de la variante alpine des aiguilles de Bavella. C'est un bon souvenir pour Gui et moi puisqu'il y 5 ans nous avions passé nos vacances en Corse et on avait, avec Romain aka Pied-Pied, fait le tour des Aiguilles en partant du col. Je ne sais pas si c'est le fait que ce soit le dernier jour mais on tape pas mal et surtout dans cette variante. Je pars devant sur un bon rythme. La pente est assez raide et 30mn plus tard je suis au pied de la Punta di U Pasgulu qui constitue la tour 4 des 7 tours du massif de Bavella. Le panorama est tout simplement grandiose à cet endroit. Alors que Guimeuf me rejoint le soleil fait son apparition. Juste un mot : profiter! Pour avoir fait les deux itinéraires jusqu'au col de Bavella, si il y a une variante à faire c'est bien celle là, passage obligatoire du GR20.















Puis c'est la descente vers les tours suivantes et surtout vers le col de Bavella. Je n'ai plus de batterie pour l'appareil photo, on projette de pauser au col histoire de le recharger. On arrive à un moment sur un passage rocheux où une dalle est équipée d'une chaine sur une dizaine de mètres : pose obligatoire! On s'arrête en haut et on essaye de voir ce qu'il y sur la gauche en avançant couchés et prudemment. En fait c'est un à-pic assez impressionnant.. On continue, puis après le  passage d'une brèche entre deux parois nous plongeons à travers des éboulis puis une forêt sur le col de Bavella. Arrivés au col on se prend un coca et un orangina + un pain au chocolat. Je demande pour charger l'appareil au patron qui est à 9h00 du matin aux 3P. 20mn plus tard nous repartons direction le refuge de Paliri.




 

Pour regagner le GR20 nous devons descendre un peu sur la route et l'on passe devant des hôtels et des restaurants, plein de voitures... La société de consommation fait son retour en pleine face et l'on a un sentiment bizarre guidé par l'empressement de  quitter cet endroit pour retrouver le calme de la montagne corse. On s'habitue au luxe de la quiétude et le retour à la réalité n'est pas toujours très agréable... Le sentier se poursuit et nous descendons à travers la forêt jusqu'à un petit ruisseau où Gui proposera à un couple de les prendre en photo : quelle bonté! Après faut voir la photo... Peu après il ne faut pas rater la bifurcation à droite vers un sentier qui monte jusqu'au col de Finosa. Je dis ça parce que nous avons eu la chance de croiser à ce moment là deux randonneurs qui en descendaient. Ça ne sera pas le cas pour tout le monde et certain pour ne pas les citer jardineront en ratant le sentier. Ils se reconnaitront! Au col de Finosa on a une double vue magnifique: d'un côté le massif des aiguilles de Bavella et de l'autre côté, le golfe de Porto Vecchio.


 

 

 

 

Après une descente plutôt cool et un dernier passage à travers les hautes fougères, nous laissons la source sur notre gauche pour gagner le refuge d'I Paliri. Ce refuge donne le sentiment de s'être perdu dans un écrin de verdure. On s'assoit en terrasse. Les parasols ne sont pas de trop car à 10h30 il fait déjà très chaud. On commande un Orangina et on achète pour se faire un dwich. Le problème c'est qu'il n'y a plus de pain. Du saucisson sans pain ça ne le fait pas. Le patron bien serviable nous donnera son propre pain. Je lui demande alors si il vend de la bière et sa réponse est fantastique , dans le bon esprit corse. "Non je ne vend pas de bière , je vend de la Pietra!"(avec l'accent on s'y croirait). 30mn après nous voyons arriver les arrageois. Ils ont l'air au taquet. Puis arrive les Clément et Caro. Pas de news des amiénois. On sait à ce moment qu'on ne les reverra plus puisqu'ils ne doublent pas cette étape. Dommage! Voilà déjà l'heure de repartir, il est 11h30. C'est notre dernière étape, nous touchons près du but. On ressent alors un drôle de sentiment mêlant désir de finir et souhait de rester ici loin de tout.




Au bout d'à peine 20mn nous sommes rattrapés par les avions de chasse accompagnés d'une allemande répondant au  prénom de Frauke. Alors qu'on leur emboîte le pas, la pluie commence à faire son apparition. Plus on avance et plus il pleut. Le groupe avance en file indienne et le changement de meneur d'allure impose un rythme soutenu proche de la course à pied. En effet nous n'avons plus guère que de la descente et malgré le terrain rendu glissant par la pluie, nos collègues haussent le niveau et courent comme des lapins. Tout le monde suit de Frauke en passant par Guimeuf et Moi. On se retrouve dans la dernière étape avec nos sacs à dos, même moins chargés qu'au départ, à courir sur le GR20. Les personnes que nous croisons, nous regardent passer l'air médusé. Ils doivent se dire que nous sommes frappés. Je ne m'imagine pas croiser des types lors de la montée sur Ortu qui courent pour conclure leur GR et ce sous la pluie: c'est improbable! Notre course effrénée nous amène à nous poser dans un endroit magique : une piscine naturelle au pied d'un ruisseau. Tout le monde tombe le sac pour se rafraichir. C'est un des moments mémorables de ce GR. Une sorte de récompense partagée après un effort collectif qui nous amenait à nous dépasser. Anthologique! Puis nous repartons non sans avoir vu passer Luky Luke et les 2 anglais qui ne se sont même arrêtés, jaloux qu'ils étaient de voir Frauke copiner avec d'autres que eux. Il faut dire que Lucky luke convoite depuis le début notre collègue germanique. Ça continue de remonter et à chaque ascension nous nous disons que c'est les derniers D+ du GR après les quelques 10 000D+ que nous venons de nous avaler. Pourtant quand il n'y en a plus il y en a encore. A un moment on croit s'être égarés car on ne voit plus de marque mais fausse alerte, l'itinéraire est bien le bon. Nous parvenons enfin à une brèche entre deux parois nommée le Bocca d'Usciolu (587m). C'est une sorte de porte qui s'érige comme une sorte de sas entre le monde du GR et le monde du retour à la réalité. On en profite pour se prendre tous en photo.





Finalement après une dernière descente emmené d'un pied de maître par Olivier nous arrivons à l'issue de notre étape. J'immortalise l'arrivée de chacun, l'émotion se lit sur les visages.











Quelques centaines de mètres plus bas nous arrivons au terme de notre aventure. On se congratule avec les potes d'Arras et Frauke. Nous venons de vivre une sacrée étape, une sorte de cerise sur le gateau. On immortalise ça par la traditionnelle photo devant la plaque officielle. J'aime bien cette photo!!! Putain on l'a fait. C'est énorme!

 


Juste à côté, il y a le bar et donc qui dit bar dit forcement Pietra. On se fait une Pietra de l'amitié! Les sourires sont de sortie. La fatigue est oubliée et on savoure enfin les moments passés. On est rejoint peu de temps après par Caro et les Cléments qui se joignent à nous pour la deuxième tournée. Puis la troisième...Et là qui voit-on arriver? les profs d'Amiens : Émilie, Hélène, Franck, Guillaume et Benoît. C'était inattendue et tout le monde est ravi de les voir. Se déroule alors une scène particulière ou tout le monde vient les congratuler : c'est un grand moment d'émotion. Malheureusement on ne pourra pas en profiter puisque dans le même temps Pascal et Laurent nos hôtes pour les deux prochains jours viennent nous récupérer, direction leur camping en bord de mer. On quitte nos collègues de fortune en même temps que Conca non sans un petit pincement au cœur marqué par la fin d'une belle aventure chargée en émotions et en rencontres...



Epilogue

C'est l'heure du bilan 3 mois après, puisque à l'heure où j'écris ces lignes nous sommes mi-octobre. Les mêmes mots qu'à cette période me reviennent à l'esprit : non mais quelle aventure! On me rencarderait pour le refaire que je repartirai sans hésiter. C'est peut être là aussi la force du GR20 : on ne s'en lasse jamais enfin je parle pour moi. Une chose est sûre c'est que je retenterai l'aventure très certainement, peut-être en une semaine, qui sait... Dans tous les cas j'ai eu l'impression de mieux vivre ce GR que le précédent. Il y avait l'appréhension en moins et la progression en terrain connu qui y ont contribué. J'ai pu apprécier davantage les paysages malgré le mauvais temps présent l'après-midi sur la plupart des étapes. Les paysages sont vraiment à la hauteur de l'effort consentit sur ce GR. Pas un qui se ressemble. De surcroit je pense qu'il avait raison le type que l'on a croisé le deuxième jour : le GR20 c'est non seulement une aventure sportive mais c'est aussi une aventure humaine faite de rencontres et de partage. Je me félicite des moments partagés avec mes coéquipiers que sont Dave, Ricardo et Guimeuf. Un seul regret : ne pas avoir fini l'aventure ensemble...  Ricardo , il m'a impressionné avec son sac surchargé, il a la caisse le quadra! Dave, lui , fidèle à ce que je m'imaginait, calme et serein. Celui qui m'a le plus impressionné c'est Gui : avec ses pépins physiques au départ, il a su gérer sans jamais se plaindre mais ça je n'en ai jamais douté et la partie sud passée ensemble restera un grand moment de cette aventure. La solidarité est aussi une valeur forte au cours de cette aventure et j'ai pu la mesurer de près. Les rencontres nombreuses marquent aussi les esprits : je pense aux arrageois, aux nantais, aux amiénois...Avec le recul, je me rend compte que tout ça me manque déjà. Toutes ces valeurs véhiculées et que j'ai tant de mal à retrouver dans notre société. Je pense déjà à l'année prochaine et à la future aventure à vivre : le tour de l'Oisans et des Ecrins, le tour du Mont Blanc ou bien encore La vallée d'Aoste...Alors des volontaires?

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