dimanche 31 août 2014

Tour du Mont-Blanc 2014

Préambule

Bon, après le GR20 l'été dernier, on avait le choix pour cette année : le TMB, le Tour des Écrins et de l'Oisans, La vallée des Géants...
Côté effectif, nous ne sommes que deux: l'ami Guillaume et moi-même. Après peu de réflexion et aux vues de notre très sommaire préparation nous écartons les itinéraires les plus difficiles et nous choisissons de trainer nos carcasses sur le TMB (Tour du Mont-Blanc).


 



Contrairement aux années précédentes, la préparation de l’événement se fait avec moins d'anticipation et plus de dilettante. On ne fera que 2 marches longues en guise d'entrainement...

Pour le topo du TMB on se prévoit l'affaire en 7 jours : départ le lundi 7 juillet des z'Houches et retour aux z'Houches le dimanche 13 juillet.
  
 

Les étapes s'annoncent cependant longues et fortes en denivelé. Nous optons pour le bivouac et nous choisissons les repos en fonction des endroits où planter la tente. Voici ce que nous prévoyons:

Jour 1 : Les Houches  -  Les Contamines Montjoie (camping)
Jour 2 : Les Contamines Montjoie - Ville des glaciers ( bivouac autour des bergeries contre fromage)
Jour 3 : Ville des glaciers - Dolonne ( bivouac jardin du bar Skilift contre bières)
Jour 4: Dolonne - Refuge Elena ( bivouac autour ou au Grand Col Ferret)
Jour 5 : Refuge Elena - Relais d'Arpette ( bivouac autour du refuge)
Jour 6 : Relais d'Arpette - Argentière ( camping)
Jour 7 : Argentière - Les Houches



Jour 1 : Les Houches - Refuge du Fioux

Dimanche 6 juillet, départ de Prouzel à 7h pétante! On ne traine pas trop pendant les pauses et on arrive vers 15h aux z'Houches. On gare la voiture sur le parking du téléphérique de Bellevue.
Direction "Le Spot" un petit bar-brasserie juste en face du parking. On se commande une Grimbergen pour fêter notre bonne arrivée, puis très vite une deuxième que je ne manque pas de renverser, l'émotion sans doute...
C'est alors que Guimeuf émet l'idée de commencer notre TMB dans la foulée. Oh là!! Tout doux Shakan! On se calme la route a été longue et tous les repos sont  nécessaires. S'engage alors une discussion qui débouche sur : "on met les voiles!!" On demande conseil à la dame du téléphérique très disponible qui nous rencarde sur la montée au col Voza et la possibilité de bivouaquer au refuge du Fioux quelques hectomètres plus bas ou parait-il l'accueil y est très bon.
Ni une ni deux, nous enfilons la tenue du pénitent, nokons nos pieds, sortons nos bâtons et endossons nos sacs qui nous paraissent bien lourds...Mais au moment de partir un gros orage s'abat sur les z'Houches, et nous nous réfugions dans la voiture en attendant qu'il cesse.

 
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C'est enfin vers 16h45 que nous quittons le parking (993m), direction le col Voza (1653m) soit un dénivelé + de 660m pour se mettre en jambes. Nous ne suivons pas l'itinéraire du TMB en ce début d'étape car nous tournons tout de suite à gauche pour rejoindre le Bonnet un petit hameau. Le soleil est de retour et il commence à faire chaud! Nous atteignons vite le pont de Belleface puis le hameau de Maison Neuve. Un peu plus haut au lieu dit La Carbotte (1490m) nous pausons pour admirer le paysage.


 


 


Nous gagnons ensuite rapidement le col Voza où après avoir traversé la voie de chemin de fer et laisser la variante du col Tricot sur notre gauche, nous basculons vers Bionnassay. Nous arrivons rapidement sur le chalet refuge le Fioux (1500m) où nous rencontrons la gardienne des lieux.
L'accueil est super et elle nous propose de planter la tente un peu plus haut sur un replat herbeux. A ce moment là, la pluie commence à tomber et nous dressons la tente en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire : on est efficace pour ce premier bivouac! La dame nous propose même de mettre nos sacs à l'abri dans un petit cabanon à côté de la tente pour éviter qu'il ne prennent l'eau car cette nuit ils annoncent des orages!
Une fois au refuge, c'est douche chaude avec jeton en 3mn, bière du Mont-Blanc et repas lyophilisé pour ce premier soir. On aurait bien mangé le ragout qui mijotait en cuisine et qui aiguisait nos papilles mais malheureusement le refuge était plein et il ne restait plus de repas disponible...

 






  

 

C'est enfin vers 21h00 que nous allons nous coucher. Demain on se lève de bonne heure car le départ est prévu vers 5h00! Mais la nuit qui s'annonce risque d'être perturbée...

Jour 2 : Refuge Le Fioux - Refuge de la Croix du Bonhomme

Quelle nuit! Déjà ça commence mal car Gui ne maitrise pas sa montre et le réveil sonne à minuit! On se réveille croyant qu'il est 4h...Au même moment les orages arrivent et ça va être le feu d'artifice jusque 5h00 non stop! Du coup on dort moins bien mais bon la tente tient le coup. Après quelques barres de céréales nous voilà partis vers 5h30 du refuge Le Fioux (1500m). Au départ nous devions faire la variante par le col Tricot mais compte tenu du temps et des nuages d'altitude nous préférons continuer par la version académique.
On a cependant un problème de taille car en commençant hier on met en l'air alors tous les bivouacs prévus...A partir de ce moment on se dit qu'on avancera selon notre état de forme et on dormira où on dormira!
Le début d'étape commence par une bonne descente sur Bionnassay (1320m) le long  d'un chemin où on aperçoit un renard puis un chevreuil. A la sortie du hameau nous franchissons le torrent du Bionnassay.

 

 


Très vite on gagne le hameau du Champel (1201m) et on on une belle vue sur la vallée et les Contamines dans le fond. On croise un randonneur qui a bivouaqué à la fraiche et qui prépare son petit dej avec un feu de bengale!






La descente continue et nous traversons la nationale et poursuivons notre route par un chemin agréable. A Tresse (1020m) nous traversons un pont puis empruntons un chemin qui longe le torrent du Bon Nant. Le décor est particulier, on se croirait dans une forêt tropicale car il y a énormément de verdure, de boue et surtout de l'humidité. Nous arrivons enfin aux Contamines Montjoie (1164m) où nous profitons des commerces pour faire une pause: croissant, café et recharge des poches à eau. Le temps se découvre alors et le soleil fait son apparition.




On repart direction Notre Dame de la Gorge (1210m) d'où le sentier s'élève rudement. Nous commençons à doubler des groupes de japonnais et de coréens avec leur guide. La montée est raide d'autant que le soleil est de la partie. Ça transpire sec. On arrive finalement au refuge de La Balme (1706m)  vers 11h15. On boit l'eau fraiche à la source et on fait le plein des poches. On en profite également pour manger et faire sécher les affaires. Deux orangina et un sandwich jambon beurre plus tard nous reprenons la marche direction le col du Bonhomme.




 


 

Il est 12h pile quand on quitte le refuge et on s'attaque alors à une montée de près de 650 D+ vers le col du Bonhomme. Au même moment la pluie commence à faire son apparition. On croise, au moment de mettre les vestes de pluie, un groupe emmené par une accompagnatrice avec qui on tchatche un bout de chemin. A partir du Plan des Dames (2204m) pour moi ça devient plus difficile : j'ai pas de jus et les crampes ont fait leur apparition...J'en bave pour atteindre le col (2329m) où nous posons quelques minutes histoire de se refaire la cerise! Nous n'avons pas chaud car trempés et le vent souffle pas mal. On aurait bien pris du repos dans l'abri de fortune du col mais il est blindé...


 


 


 

 

Après ces quelques instants de pause nous poursuivons par un sentier qui monte en balcon avec de nombreux névés à traverser. Les nuages d'altitude ont pris place sur le chemin et on a des difficultés pour trouver les traces. Arrivés au col de la Croix du Bonhomme (2479m) on bascule pour rejoindre le refuge du col de la Croix du Bonhomme (2433m)  5mn plus bas.
Arrivés au refuge nous posons les affaires et nous entrons : waouh! c'est l'usine ici! Environ une cinquantaine de personnes sont assises aux tables, ça grouille de partout! Ça change des refuges corses... On commande à boire et on se rancarde pour les emplacements de tentes et la douche. Les emplacements sont un peu en dessous du refuge le long du GR. Je m'y rend en fin d'après-midi mais j'ai des doutes sur un possible bivouac, le temps s'est dégradé et la pluie et le fort vent on fait leur apparition. De plus ils annoncent des températures basses pour la nuit et de la neige!!! Non sérieux de la neige?!! Bref on opte pour la situation de repli  car il reste quelques places en dortoir au sous sol. Pour les douches vu le temps et vu qu'elles sont tributaires des panneaux solaires elles sont froides. Donc on fera l'impasse sur la toilette pour aujourd'hui...
Un calme avant la tempête nous permettra de faire quelques photos dans la soirée.





On attend le repas avec impatience et on en profite pour tchatcher avec la jeune qui travaille au refuge. Elle est cool et elle nous propose de nous placer où on veut pour le repas. On émet juste le souhait d'être avec des français pour discuter un peu car depuis notre arrivée nous n'entendons que des étrangers! On en profite également pour demander conseil à l’accompagnatrice du groupe, Laeticia, qu'on avait croisé toute à l'heure. En fait,on prend des infos sur la suite du parcours et elle ne manquera pas de nous donner des petites astuces sur la marche à suivre.
Nous allons partager justement le repas avec le groupe de Laeticia qui est un groupe du ministère de l'agriculture. On tchatche pas mal du TMB que certains ont déjà fait mais aussi du GR20. Au menu, soupe - polenta et bœuf en daube - fromage et gâteau au chocolat.
On se couche vers 21h alors que le temps s'est dégradé : le grésille a fait son apparition et la température est proche des 5°. Avant de rentrer dans le dortoir on doit éviter un âne qui est attaché juste devant. En fait il randonne avec un père et ses enfants. C'est important à noter car la nuit va être particulière... Gui met ses boules Quies achetées aux Contamines car il n'a pas apprécié les cloches des vaches la nuit dernière. Au bout de 5mn, il ronfle ce qui fait rire des enfants qui s'apprêtent à se coucher à côté de nous.

Jour 3 : Refuge de la Croix du Bonhomme - Courmayeur

Quelle nuit encore!!! Il est tôt ce matin et le réveil de Gui n'a pas encore sonné quand j'entends dans un semi sommeil le vent et l'eau d'une gouttière coulait comme si j'étais juste à côté...Bizarre nous sommes en dortoir et on ne devrait pas. Je tourne la tête et regarde vers l'entrée et là, la porte du dortoir est ouverte et l'âne est rentré à l'intérieur!! Dehors il neige et le vent redouble, la pauvre bête devait être gelée. Gui finit par se lever et chasse l'animal hors du dortoir. Mais l'âne est têtu et 5mn plus tard il donne un coup de tête dans la porte qui s'ouvre (car la clichette ne fonctionne plus) et rentre de nouveau à l'abri. Gui se relève et recommence mais en vain la bête n'aura pour but que de rentrer de nouveau malgré des essais d'autres randonneurs...
Bref on se lève plus tard ce matin : vers 6h30. Après le petit déjeuner avalé, on quitte le refuge vers 7h30.Ce matin la variante par le col des Flours va elle aussi se révéler impossible. Le temps ne le permet pas et ne laisse rien présager. Dehors c'est tout blanc car il neige. La descente qui s'annonce doit nous emmener vers Les Chapieux et elle va s'avérer, compte tenu des conditions, assez dangereuse. Plus d'une fois on manque de se ramasser car le sol est très glissant.. Durant cette longue descente de quasi 800D- nous doublerons quelques groupes dont un couple au bord de la crise de nerf. La fille se gamèlera juste devant nous dans la boue. Et elle craquera en fondant en larmes sûrement minée par la boue et la pluie qui a pris le pas sur la neige. Les pieds sont trempés et à vrai dire on est rincé lorsque nous arrivons aux Chapieux (1549m).
La suite du sentier va alors miner encore plus le moral et les organismes. Sous la pluie qui a redoublé, nous empruntons une route qui nous emmène à la Ville des Glaciers (1789m) . Cette longue et douce montée va se faire sur le bitume et au milieu des navettes...Arrivés à la Ville des Glaciers on ne prend même pas le temps de pauser. On enchaine dans la boue la terrible montée du Col de la Seigne sensé nous emmener en Italie. Cette ascension va être pour moi un véritable calvaire. De nouveau sans force et sans jus, je m'accroche à Gui qui me tire. On marche dans la boue et les chaussures se charge ce qui rajoute du poids donc ce qui nécessite davantage d'énergie. Une fois les lacets passés, la pente devient moins raide mais le brouillard, la neige et le vent sont au rendez-vous. On ne voit pas à 20m. On atteint enfin le col de la Seigne (2516m). Le vent qui souffle nous contraint à poursuivre sans s'arrêter. On enchaine donc la descente vers le refuge Elena puisque nous venons d'entrer en Italie. On passe près dela Casermetta (2365m) où on ne stoppe pas non plus.
On arrive au refuge Elena 30mn après dans un sale état. On est trempé des pieds à la tête, frigorifié par le vent et on a, à ce moment, qu'une seule motivation : se réchauffer et se ravitailler. On rentre dans le refuge qui est blindé de randonneurs en tout genre : des groupes de coréens, des groupes d'italiens... Tout le monde semble serein ce qui contraste avec notre état. On en profite pour s'asseoir et se réchauffer autour d'une soupe et d'une plâtrée de pâtes. On en profite pour discuter avec un guide qui nous conseille pour redescendre sur Courmayeur de prendre une navette 8km plus bas au lieu dit La Visaille ce qui évite la montée sur l'Arp vieille et la redescente sur Courmayeur. Et dans l'état où on est cela semble plus sage. Un autre guide nous dit qu'il y a moins d'une heure de marche pour gagner l'arrêt du bus. Moins d'une heure pour 8km??!! A part en courant cela semble impossible...On verra bien d'autant que les navettes ne passe que les 40 de chaque heure. Hors, il est 13h35 donc si on active un peu le pas on peut prendre celle de 14h40!
Au moment de quitter le refuge, nous sommes transis par le froid. J'ai la mâchoire qui n'arrête pas de claquer et Gui est frigorifié également. Il nous faudra 10 bonnes minutes pour se réchauffer un tant soit peu. Nous enclenchons les grands pas pour essayer de rallier dans les temps le départ de la navette. Gui finira même en courant, mais en vain. Nous arrivons 1h15 plus tard et la navette est déjà partie...On va devoir attendre une petite heure la prochaine.
En attendant, on finit par voir arriver le jeune guide qui avait pronostiqué moins d'une heure pour la descente...Il parque son groupe de coréens dans le bar voisin et vient tchatcher avec nous. Il commence par étaler sa science : "Tu vois ces arbres là, c'est des épicéas? Ben non, ce sont des mélèzes et les mélèzes c'est signe de peu de pluie. On vient de basculer dans le Val Veni et la présence de ces arbres montre un climat peu enclin aux précipitations! Tu sais ce que c'est le foehn? Non, tu te souviens plus du collège? Ben c'est un vent fort, sec et chaud que l'on rencontre dans les Alpes. En fait, c'est quand un vent dominant rencontre une chaine de montagne. Ben ici jusque Couramyeur le vent est chaud et sec donc peu de précipitations. C'est pour ça que la suite de votre TMB s'annonce mieux du côté de la météo!" Vas-y que j'étale ma science sous mes airs prétentieux...
Bref on finit par prendre la navette qui nous amène au centre de Couramyeur. De là on prend un gite pour passer la nuit au sec et se refaire après cette dure journée. On se rencarde sur un lavomatique pour laver notre linge pourri et il s'avère qu'il y en a un à 15mn à pieds. On ne se pose pas trop de questions et on y va. Sur le trajet tous les gens nous dévisagent... En fait c'est notre accoutrement qui les intrigue : Gui est en caleçon long de course et moi je suis avec mon pantalon de pyjama blanc dont l'ouverture pour pisser a tendance à s'ouvrir. Et en dessous je n'ai rien...De plus je suis en tong!! Finalement nous trouvons le lavomatique et bonheur y a même un sèche linge. On rencontre sur place un trio de jeunes français qui fait également le TMB : Clémént, Romain et Thibaut (des montpelliérains). Ils sont aussi là pour faire un break et laver le linge. Ils sont comme nous en bivouac et vise demain la même étape, on se reverra sûrement!
Le repas du soir sera pris à la pizzeria du Tunnel dans le centre de Courmayeur : il y fait chaud mais les pizzas y sont excellentes! Italie oblige. On rentre au gite vers 20h30. Ce soir c'est la demi finale du mondial Brésil-Allemagne et on va tenter de regarder. Allongés dans les lits, on ne fait pas long feu et on s'endort avant que le match ne commence...
Pour cette étape il n'y a pas de photos. En effet les conditions météo et mon état ne m'ont pas permis de sortir l'appareil...

Jour 4 : Couramyeur - Refuge Elena

Après une bonne nuit dans dans des lits confortables,on se lève à 6h00 pour un départ à 7h00. Les premiers hectomètres dans Courmayeur sont sources d'inquiétudes car des bobos se font ressentir : j'ai la malléole externe hypersensible et chaque pas et appui de la chaussure me font souffrir. Pour Gui c'est le tendon qui siffle sévèrement ce matin. Ca promet d'autant qu'on attaque par 750D+ jusqu'au refuge de Bertone. On fait alors une pause devant la maison des guides de Courmayeur pour tenter de faire quelque chose pour atténuer nos douleurs.
Je renforce la malléole avec des compresses pour éviter le contact et Gui s'avale un voltarène et masse avec du nifugel. Il est temps de prendre la route par une longue montée en lacets vers le refuge Bertone (1989m) que nous gagnons en 1h30. Le panorama est grandiose en ce début de matinée.

 

 


 

   
Nous poursuivons par un sentier en balcon où la boue est omniprésente. La pluie commence à faire son apparition de manière intermittente. Peu avant le refuge Bonati (2025m) on se fait doubler par un vieux père qui répond au prénom de Gui. Il passe tête baissé sur un sacré rythme. Arrivés au refuge Bonati qui est magnifique on fait une pause, histoire de se ravitailler un peu. On s'avale un sandwich et des lemon Soda. L'intérieur du refuge est cossu et des tableaux des exploits de Walter Bonati jonchent les murs. L'accueil y est fort agréable de la part de la tenante des lieux. On ne traine pas et on reprend la route au moment où les montpelliérains arrivent à leur tour. Nous leur donnons rdv au refuge Elena.











La suite du parcours va devenir plus compliquée puis que les conditions météo se dégradent : le vent et la pluie se font plus présent. La descente sur l'Arp Nouva Déso (1769m) devient délicate en raison de la boue omniprésente. Une fois en bas on renok les pieds, on se couvre pour affronter les 300mD+ qui nous permettrons de rejoindre le refuge Elena (2054m).



 


Cette dernière montée de la journée va se transformer petit à petit en chemin de croix. La boue plus présente que jamais, la pluie qui nous cingle le visage et surtout le vent qui s'accentue au fur et à mesure que l'on grimpe... Bref on arrive vers 14h00 au refuge Elena, une fois de plus trempés des pieds à la tête. Il fait 4° et le vent ne laisse pas le temps de s'attarder dehors. Nous rentrons et trouvons une table pour nous asseoir et nous réchauffer. La météo pour la nuit est sans appel : neige et des températures proches de 0° sachant qu'avec le vent le ressenti peut avoisiner les -5°... Ca se complique de nouveau pour le bivouac. On demande si il reste des places en dortoir mais le refuge est plein. La dame, moins commode que dans les précédents refuges, nous indique une aire de bivouac juste derrière le refuge. On lui signale quand même qu'on est intéressé au cas où il y ait des désistements.
Les Montpelliérains arrivent à leur tour et on passe la fin d'après midi à boire des bières et à se raconter nos vies. Une bonne nouvelle vient agrémenter la soirée : il y a des places libres suite à des désistements! Tout le monde dormira au chaud ce soir. On enchaine alors les douches plus ou moins chaudes, la lessive. Pour le repas on demandera de l'eau chaude pour nos lyophilisés. Un groupe de jeunes de foyers attire notre attention. Ils dorment dans notre dortoir et on appréhende de dormir dans le calme. Finalement tout le monde s'endort vers 21h30 conscient qu'une longue étape nous attend demain.


Jour 5 : Refuge Elena - Champex

Réveil vers 6h00, on rassemble les affaires et on remonte au bar pour le petit dej'. On commande un café allongé car les expresso en Italie c'est serré de chez serré, on s'avale quelques barres et nous voilà opérationnel pour un départ à 7h00.
Malgré l'heure tardive on s'aperçoit vite qu'on est les premiers à partir du refuge. Dehors il a neigé et il neige encore. La fine pellicule a recouvert les alentours. On ne voit pas vers les sommets car les nuages d'altitude sont encore présents. La montée du refuge commence par quelques lacets bien courts puis le sentier continue de monter plus directement. Plus nous montons et plus l'épaisseur de neige augmente. Nous marchons maintenant dans 5 bons cm de fraiche. Aucune trace présente sur le chemin, nous ouvrons donc la voie aux suivants. Tant que l'on voit le sentier ça va mais très vite ça se complique. Une fois passé les fermes d'alpages à 2264m nous progressons maintenant dans un bon 10cm. Plus haut, une fois les trois bornes passées on ne distingue plus le chemin que l'on doit suivre et les nuages nous empêche de naviguer à vue. Tout est blanc, seules quelques touffes d'herbe résistent encore à l'enneigement total! La pellicule de neige avoisine les 25cm et nous gagnons enfin non sans difficultés le fameux Grand Col Ferret (2537m). La-haut on s'arrête quand même pour prendre quelques photos mais le vent souffle très fort et nous cingle la neige sur le visage. D'ailleurs autour de la borne ce n'est que du verglas car le vent a tout chassé!


 


 


On ne s'éternise pas et on franchit le col pour se retrouver maintenant en Suisse, direction le chalet de La Peule quelques 500mD- plus bas. Mais là un gros problème se pose à nous : où est le sentier??? Sur ce versant la neige semble être tombée en quantité plus importante et c'est un océan de neige qui s'offre à nous...Quelle direction choisir? De plus le brouillard est présent et on ne voit pas à 50m! Finalement aprés un petit moment de doute on aperçoit un rondin de bois marqué de deux bandes blanche et rouge qui dépasse de la neige. On fait l'hypothèse qu'il jalonne le sentier et on se met en marche. Parfois on s'enfonce jusqu’aux genoux et le risque c'est de se tordre une cheville car on ne sait pas ce qu'il y a en dessous et que la neige n'est pas tassée! De poteau en poteau on trace la route. Gui propose pour délirer de faire la trace en remontant dans la pente sur une 50aine de mètres en étant sûr que les suivants suivront la trace ( note pour la suite). Les guêtres et le gor-tex de mes shoes n'étanchent plus et les pieds commencent à être sacrement trempés... Au bout d'une heure d'effort l'épaisseur de neige diminue et on rencontre alors un groupe avec le guide qui montent sur le col. On tchatche un peu et on les prévient des rudes conditions qui les attendent. Eux nous rassurent cela s'améliore avec la descente.
La chemin devient plus praticable malgré la boue/neige et c'est l'occasion  de descendre en petites glissades!! On arrive enfin au chalet de La Peule (2071m) et c'est blindé de vaches suisses avec leurs grosses cloches. Les panoramas semblent grandioses même si on n'en voit pas la totalité...


 


 



 Par une piste carrossable on gagne très vite Ferret (1705m) où nous sommes rejoint par Gui (le vieux padré) et deux jeunes : Samuel et Maxence. Puis nous arrivons sous la pluie incessante depuis un moment à La Fouly (1610m). On rêve à ce moment là d'un bon sandwich tomate/saucisson/ fromage... La chance est alors de notre côté puisque dans l'instant on tombe nez à nez avec une supérette suisse. On y rentre sans tomber les sacs et on fait nos achats en vue de notre ravitaillement : tout ce dont on avait besoin dont du vacherin et du gruyère salé! On se pose juste devant l'épicerie car il y a une table et des bancs. Nous sommes vite rejoint par Maxence et Samuel, puis les montpelliérains pour un pic-nique en groupe à l'abri.


 

 
S'engage alors durant le repas une discussion sur la suite du parcours. Il pleut sans discontinue et le chemin jusqu'Issert est long et suit la route. On décide donc de prendre la navette. Les jeunes avaient décidé de faire de même mais les montpelliérains préfèrent continuer en marchant. On leur donne rdv au relais d'Arpette.


On arrive à Issert (1055m) et on enchaine en compagnie de Sam et Max par le sentier qui grimpe à travers la forêt. On évolue dans les nuages d'altitude et l'humidité est bien présente. Après près de 450 D+ on gagne Champex le lac. On se rend à l'office de tourisme pour prendre des infos sur les lieux de bivouacs et les gites possibles. Il reste une place au gite du Bon Abri vers Champex d'en Haut. Cela tombe bien c'est le lieu où les jeunes vont passer la nuit. On s'y rend et l'accueil est top de la part de la dame. L'endroit est nickel : terrain de pétanque, terrain de tennis, de volley-ball...On dormira dans une chambre double. On passe la fin d'après-midi à jouer aux cartes avec les jeunes ( Le président). On apprendra aussi que c'est eux qui nous suivaient sur le Grand Col Ferret et ils nous confirment qu'ils ont suivi la trace qu'on avait détourné volontairement. Gui (le vieux padré)  qui menait le groupe leur a dit à ce moment que cest un guide qui a du faire la trace et qu'il a voulu, connaissant bien terrain, éviter un endroit dangereux! Mdr!!! Vient l'heure du repas : soupe, lasagnes et gâteau. En face de nous s'installe deux types et je crois reconnaitre un type qui a fait le staps à Lille avec moi mais je n'en suis pas sûr. C'est en le croisant dans les douches que j'ai la confirmation que c'est bien lui Vincent Ourdouilli! Il fait le TMB en courant avec un pote en 4 jours!! Chapeau. On se couche vers 21h00. Demain le temps est toujours pluvieux et la dame nous déconseille la fenêtre d'Arpette car les nuages d'altitude empêcheront tout panorama...

Jour 6 : Champex - Montroc

Lever 6h00 et petit déjeuner au gite c'est royal : jus d'orange, café, pain confiture, yahourt! On part avec Sam et Max vers 7h00, direction Trient où les jeunes vont passer leur dernière nuit. Pour nous, c'est direction Trè le Champs pour notre dernière nuit également. Le chemin en ce début de journée est plutôt cool on descend jusqu'au plan de l'Au (1330m).


Une fois passé l'alpage on s'engage sur une large piste forestière en pente douce qui va s'accentuer sévèrement après le passage d'un torrent. On s'avale de bon matin un petit 600D+ à travers la boue et les vaches échappées des enclos. On atteint l'alpage bovines (1975m) dans les nuages d'altitude. Les vaches en liberté s'approchent un peu trop près de nous et nous obligent à nous réfugier dans l'enclos devant la ferme.




  Une fois passé le Portalo (2049m) le sentier continue en descente. Ma malléole me fait souffrir et m'oblige à m'arrêter deux fois pour compenser le contact avec la chaussure. Dans cette descente on se fait doubler par Vincent en petites foulées, on se tcheck et on se souhaite une bonne fin de TMB. On rencontre aussi un trio de bonnes femmes qui font la traversée Chamonix - Zermatt et qui ont déjà fait plusieurs fois le TMB. Elles prétendent alors que le TMB est beaucoup plus facile que Chamonix- Zermatt...Il reste à le vérifier lors d'une prochaine rando!
On passe le col de la Forclaz (1526m) et on arrive sur Trient (1297m) à 11h30 juste avant Vincent et son pote??!!!Ils n'en reviennent pas et nous non plus. Se sont-ils trompés de chemin? Bref On en profite malgré la pluie pour se ravitailler en se faisant des sandwichs avec les restes de la veille. C'est Gui (le vieux padré) qui arrive à son tour et qui va dormir au même endroit que les jeunes Sam et Max. On se salue et on quitte alors Trient vers 12h00.
La montée sur le col de Balme qui nous attend s'annonce rude et longue puisqu'elle avale pas moins de 900mD+... Ça va chauffer. On commence par une pente douce puis dès notre entrée en forêt on s'enquille des lacets raides et courts. La fin vers le col semble longue, on pause pour se couvrir car le vent commence à souffler. Finalement on gagne le col dans les nuages pour ne pas changer...J'ai quand même pris une photo qui transcrit bien ce qu'on voyait en général en haut des cols.

 



 La descente ne s'annonce pas top avec le temps qu'il fait et on décide de prendre le télésiège des Autannes. C'est un groupe de randonneurs avec qui on a fait la montée qui nous rencarde. On paye à l'arrivée et tu sais pourquoi quand tu vois les prix : 10€ pour 5mn de télésiège... Bref on ne s'attarde pas et on enchaine la descente sur Le Tour (1458m). Une fois arrivés on se pose dans un bar histoire de faire respirer les pieds qui avec l'humidité de 5 jours commencent à se détèriorer sévère. On se boit une ptite Grim' et Gui en profite pour appeler les profs d'Amiens qui font le TMB avec un jour d'avance sur nous. Ils nous rencardent sur un camping à Montroc un peu plus bas. On se rhabille et on gagne par la route le camping Pierre Semard du nom d'un ancien syndicaliste cheminot tué par les allemands. 


  

 
   
On a enfin une fenêtre de beau temps en cette fin d'après-midi ce qui nous permet d'installer la tente tranquillou, de faire sécher les chaussures sur les chaufferettes des chaussures de ski, de prendre une bonne douche et d'essayer enfin de faire sécher les habits. On fera même une partie de pétanque car ils prêtent des boules au camping! Pour le repas c'est lyophilisés. On se couche vers 20h30 car demain dernière étape longue, on va se lever tôt...


 

Jour 7 : Montroc - Les Houches

Lever 4h00 après une nuit pas top! Y a un type qui a joué de la guitare jusqu'à minuit, il m'a gavé... Je lui aurais bien fait bouffer mais bon...Bref on traine pas : démontage tente, petit dej et on s'arrache vers 5h15. Le départ se fait dans la souffrance car la malléole est hyper douloureuse. Je m'accroche derrière Gui mais j'arrive à peine à poser le pied au sol... Ça craint pour la suite de l'étape. Au bout de 20 minutes on aperçoit la direction La Flégère et on suit mais on se trompe de chemin. Au lieu de prendre celui qui monte vers la Tête aux vents on prend celui en dessous mais ça on ne s'en aperçoit pas tout de suite... Je m'arrête car la douleur devient insupportable . 3ème pansement de la journée et sous les conseils de Gui je repars quasi sans douleurs!!! Sûrement la position du pansement par rapport à la malléole. Gui souffre aussi du tendon comme tous les matins, faut que ça chauffe!! V'la le gang des éclopés!
Le sentier n'est malgré tout pas évident : des sortes de montagnes russes dans la caillasse et les racines, pas facile de bon matin! Soudain le temps se lève et une fenêtre perce les nuages devant nous et là, comme par magie apparait le Mont-Blanc et les grandes Jorasses. Le soleil vient juste lécher le dôme. Quel spectacle! On ne l'a pas vu de la semaine et là il pointe son nez. Et 5mn après les nuages reprennent position et on ne verra plus rien de l'étape.
 

 
 
 
 

   
 On arrive bientôt à la Flégère quand le sentier disparait dans une immense piste de ski en construction. Impossible de savoir où aller : pleine pente , en travers?? Obligé de sortir le Quechua Phone et d'activer Sitytrail pour suivre la trace. Dans les nuages, on ne voit pas grand chose et on aperçoit finalement le refuge de La Flégère (1877m). Juste avant d'y arriver pour faire une pause, on distingue une marmotte dans le brouillard.
 
 
  On pause à peine 5mn et on enchaine vers le Brévent par un joli chemin en balcon où on apercevra un chamois et une autre marmotte!

 

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 On arrive à Planpraz (2007m) et on cherche à se ravitailler car il est 10h00 et on est pas au mieux. Le resto d'altitude n'ouvre qu'à 11h, c'est moche...Finalement on se pose et on décide de ne pas monter au Brévent car il y a du brouillard et il fait froid. On a les main gelées... Plus bas on trouve, au pied du télécabine, un resto ouvert. On se prend un sandwich mixte et un orangina. On en profite pour se réchauffer les mains sur les radiateurs qui chauffent!!! Finalement, on décide de redescendre vers Chamonix pour suivre enfin le chemin du bas qui retourne sur les Houches. On se prend quasi 1000mD-... Arrivés en bas, ils nous reste un bon bout de chemin jusqu'aux Houches. On tape à base de grands pas, ça monte encore parfois le long de l'Arve, on se met même à courir dans les plats et les descentes. On passe la gare des Houches et la fin jusqu'au télécabine du Brévent va être interminable sur la route. On boucle finalement vers 13h ce périple. On est moins fringant que dimanche dernier mais on est heureux d'en finir.

 
 
On se change et on se ravitaille au "Spot" ; une ptite Grim' et un hamburger Savoyard et ses frites, on se régale. Une fois fini, on ne traine pas car on repart direct vers Amiens et 7h00 de route nous attendent.
Une petite dernière photo de mes pieds après une semaine dans l'humidité...


 
 
Bon, dire qu'on est déçu de ce trek serait mentir, car malgré les conditions, l'humidité constante, le peu de panaroma on a quand même apprécié le côté sportif, les rencontres humaines et la montagne. On se dit aujourd'hui qu'on reviendra sur ce TMB en espérant cette fois-ci avoir les conditions pour le vivre pleinement. J'espère aussi que ce sera  avec d'autres volontaires mais aussi avec l'ami Guimeuf avec qui j'ai encore passé de bons moments. Rendez-vous l'année prochaine pour un autre trek...


1 commentaire:

  1. Bravo les gars!
    Cette année ça va le faire!
    Prenez bien soin de mon chéri

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